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Dossier : Infectiologie : nouveaux regards
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Face à l’émergence de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques, réduire leur consommation est une priorité. Bien que le lien entre traitement court et diminution de la pression de sélection ne soit pas clairement démontré, la réduction des durées de traitement reste un objectif important.
Plusieurs études ont montré que, pour l’angine à streptocoque A, un traitement court de 6 jours d’amoxicilline permettait d’obtenir des taux d’éradication satisfaisants. De la même manière, un
traitement court de 5 jours a été validé pour la pneumonie franche lobaire aiguë.
En revanche, pour l’otite moyenne aiguë chez l’enfant de moins de 2 ans, plusieurs études rando­misées ont montré qu’une durée raccourcie de traitement antibiotique augmentait significativement le risque d’échec. Pour cette pathologie, ainsi que pour la sinusite, les biofilms semblent jouer un rôle important dans les situations d’échec/de récidive, ce qui peut expliquer la nécessité de maintenir un traitement prolongé.

Un germe et sa prévention
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Le pneumocoque (fig. 1) (cocci à Gram positif se présentant sous forme de diplocoque le plus souvent) ou plus précisément les pneumocoques (avec plus de 94 sérotypes différents identifiés) sont des hôtes habituels du rhinopharynx, essentiellement celui de l’enfant [1]. Ces bactéries sont très majoritairement humaines, seuls les grands singes étant aussi capables de porter cette espèce dans leur rhinopharynx. Tous les enfants de moins de 5 ans sont porteurs de pneumocoque à un moment ou l’autre de l’année, et c’est à partir du rhinopharynx que cette bactérie va se transmettre par voie aérienne d’un individu à l’autre et provoquer éventuellement des maladies chez le sujet colonisé en envahissant les tissus ou le sang (fig. 2) [1].