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Enfant en rémission d’une leucémie : quel suivi ?

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Les leucémies aiguës de l’enfant représentent le premier cancer pédiatrique, avec environ 600 nouveaux cas par an en France, soit 30 % de l’ensemble des cancers de l’enfant. Près de 80 % sont des leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL), dont la moitié surviennent avant l’âge de 6 ans ; les autres sont des leucémies aiguës myéloblastiques (LAM). Les essais thérapeutiques successifs ont porté la survie à long terme au-delà de 90 % pour les LAL et à environ 70 % pour les LAM. Cette réussite, fruit d’une prise en charge en réseau articulée autour de phases intensives puis ambulatoires, place le pédiatre de ville à trois moments du parcours : pendant le traitement d’entretien, en surveillance post-thérapeutique et dans le suivi à long terme après guérison.

Pendant le traitement d’entretien

Après la phase intensive de 7 à 12 mois (induction, consolidations, intensifications), l’enfant traité pour une LAL entre dans une phase d’entretien de 12 à 18 mois, majoritairement orale et ambulatoire, associant 6-mercaptopurine et méthotrexate à faibles doses, ponctués de réinductions (chimiothérapie intraveineuse). Le pédiatre de ville redevient alors un interlocuteur privilégié de la famille. Trois risques doivent rester présents à l’esprit. Le risque infectieux, lié au déficit immunitaire humoral et cellulaire, expose principalement aux infections à pneumocoque, à la varicelle chez les patients VZV-négatifs et à la pneumocystose pulmonaire (prévenue par le cotrimoxazole). Le risque de rechute impose une vigilance sur les localisations extra-médullaires (foie, rate, ganglions, testicules) et méningées, qui peuvent s’exprimer cliniquement [2]. Enfin, les questions d’observance et de tolérance sont fréquentes et à rechercher. L’examen du pédiatre recherche une adénopathie, une hépato-splénomégalie, une atteinte testiculaire et surveille la cinétique pondérale. L’hémogramme vérifie que les cibles cytopéniques sont atteintes (leucocytes et PNN « abaissés mais stables ») et tolère une cytolyse hépatique jusqu’à 10 N ; toute élévation de la bilirubine doit en revanche alerter. L’apparition de plusieurs cytopénies peut être liée à[...]

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À propos de l’auteur

Service d’Hématologie et d’Oncologie Pédiatrique, Hôpital Armand-Trousseau, Université Pierre et Marie Curie, PARIS.