Archives dossiers

Les Dossiers représentent le véritable centre nerveux de Réalités Pédiatriques. Présents depuis le premier numéro de la Revue, ces Dossiers proposent des mises au point actualisées sur de grands sujets de pédiatrie. Ils sont coordonnés par des spécialistes unanimement reconnus.

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Dermites périnéales à risque : hémangiome ulcéré, histiocytose langerhansienne, maladie de Crohn, ecthyma gangréneux

Les dermatoses périnéales que nous abordons ici sont à risque de douleur et retard de cicatrisation pour l’hémangiome infantile ulcéré ; à risque d’atteinte systémique parfois létale pour l’histiocytose langerhansienne ; à risque d’atteinte sévère, chronique et invalidante pour la maladie de Crohn périnéale ; à risque septique d’évolution fatale pour l’ecthyma gangréneux.
Le périnée est une zone d’humidité (favorisée par le port de couches) donc à risque de macération, et en contact permanent avec le microbiote digestif, le rendant susceptible aux infections bactériennes, fongiques ou à l’extension par contiguïté d’une dermatose infectieuse. C’est également une zone riche en adipocytes, où le risque de cellulite infectieuse ou inflammatoire est majoré.
Enfin, caché par la couche ou le sous-vêtement, le périnée est la zone que le dermatologue ne doit jamais oublier dans son examen clinique, tant pour mettre en évidence une lésion à risque infectieux que pour aider le diagnostic par la présentation classique de certaines dermatoses sur cette localisation.

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Urgences chez l’enfant obèse

Les urgences somatiques sont rares chez l’enfant obèse. Faire maigrir un enfant obèse ou rechercher un diabète, une dyslipidémie ou une stéatose hépatique ne sont pas urgents. Seules l’hypertension intracrânienne idiopathique, l’épiphysiolyse de hanche et les apnées du sommeil sévères nécessitent un diagnostic et une prise en charge urgents.
La véritable urgence devant un enfant obèse est de dédramatiser et de déculpabiliser pour tenter de soulager la souffrance morale dont lui et sa famille sont victimes

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L’intolérance au lactose existe-t-elle vraiment chez l’enfant ?

L’intolérance au lactose existe. Ce n’est pas une maladie, mais une norme génétiquement déterminée pour la majeure partie de l’humanité pour laquelle l’activité lactase diminue de façon physiologique après l’âge de 3 ans. Il existe un gradient nord sud de tolérance décroissante chez l’adulte en Europe et en Afrique, par une sélection génétique. Il n’existe pas d’allergie au lactose.
Certaines maladies génétiques rares s’accompagnent d’une intolérance primitive au lactose, d’autres maladies plus fréquentes sont responsables d’une intolérance secondaire temporaire (toute cause d’atteinte de la muqueuse de l’intestin grêle). Le lactose ne devrait pas être déconseillé en cas de diarrhée, sauf si celle-ci s’avère sévère ou prolongée. La responsabilité du lactose dans les troubles fonctionnels intestinaux attribués aux “FODMAPs” de façon plus générale est discutée, hors intolérance vraie par déficit en lactase. Le rôle du lactose dans le transit et les coliques du nourrisson est également discuté.

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L’entretien motivationnel en pédiatrie : pour qui et comment ?

L’entretien motivationnel est “…un style de conversation collaboratif permettant de renforcer la motivation propre d’une personne et son engagement vers le changement”. Il nécessite un changement profond d’état d’esprit car notre communication habituelle, avec les parents d’enfants atteints de maladie chronique ou avec les adolescents, est le plus souvent directive et prescriptive.
Il s’agit d’apprendre à aider quelqu’un à mettre en place les changements qu’il souhaite, au lieu de lui donner des conseils difficiles à vivre au quotidien.
Cette conversation s’appuie sur quelques techniques simples : les questions ouvertes, la reformulation, les “accusés de réception” ou les “résumés synthèses”. Le praticien devient attentif à tout ce qui exprime de la contradiction dans l’envie et l’impossibilité de changer, de valoriser la personne dans ce qu’elle fait déjà, avec empathie, quels que soient les propos entendus. Au-delà des résultats obtenus, la communication est vécue par les praticiens comme par les patients comme très positive. Elle casse la monotonie de nos consultations trop informatives.

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Les urgences tumorales de l’enfant

Les tumeurs orbitaires des enfants sont rares. L’urgence est d’identifier celles présentant un caractère malin et il ne faut négliger aucun signe d’appel :
– une exophtalmie ou un trouble de l’oculomotricité doivent faire évoquer en premier lieu un rhabdomyosarcome ou une métastase orbitaire mais peuvent aussi révéler un hémolymphangiome ;
– une leucocorie doit faire rechercher un rétinoblastome uni ou bilatéral ;
– un gliome se manifeste par un trouble du comportement visuel (amblyopie, nystagmus, scotome…) et doit déclencher un bilan de neurofibromatose.
Les tumeurs bénignes représentent la majorité des masses orbitaires de l’enfant et leurs complications sont d’ordre visuel (amblyopie) ou esthétique.
L’ophtalmologiste a donc un rôle diagnostique essentiel mais également un rôle important dans le suivi de l’enfant (rééducation de l’amblyopie, dépistage des récidives ou complications).

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Diagnostics urgents des génodermatoses

Les génodermatoses ne relèvent pas en général d’urgences diagnostiques, excepté peut-être trois d’entre elles :
– le bébé collodion en raison d’une prise en charge néonatale spécifique évitant les complications ;
– l’incontinentia pigmenti en raison du risque neurologique devant un nouveau-né présentant un état de mal épileptique associé à une éruption vésiculeuse ;
– les épidermolyses bulleuses dont certaines formes peuvent être létales et nécessiter une prise en charge néonatale spécifique contre la douleur ainsi que des soins locaux adaptés.

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Conséquences respiratoires de la prématurité sans maladie respiratoire néonatale

Les conséquences respiratoires de la prématurité ne sont pas limitées à la période néonatale et la naissance prématurée est associée à une morbidité respiratoire tout au long de la vie, même en l’absence de maladie respiratoire néonatale. L’impact clinique est essentiellement représenté par une augmentation de la fréquence de l’asthme et, dans une moindre mesure, d’une moins bonne tolérance à l’effort. L’impact fonctionnel correspond surtout à des valeurs de VEMS un peu abaissées. Enfin, la persistance d’anomalies radiologiques est également bien décrite. Les mécanismes en cause dans l’ensemble de ces processus sont encore incomplètement connus. Un calibre réduit des voies aériennes, mais aussi des phénomènes inflammatoires actifs persistants et une sénescence cellulaire accélérée pourraient être à l’origine des complications observées.

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Quand et comment recourir à l’hypnothérapie en médecine ambulatoire ?

L’hypnose est un état modifié de conscience naturel, facilement accessible à l’enfant et très utile pour faire face à une douleur. Le plus souvent, l’enfant va sans s’en rendre compte, “écouter” la zone douloureuse et de ce fait mieux percevoir la douleur, mais il peut aussi apprendre à “écouter” autre chose, lui permettant ainsi de moins ressentir la douleur d’une piqûre ou d’un geste, ou de modifier une céphalée…
En médecine ambulatoire, l’apprentissage de l’hypnose par l’enfant est d’une grande utilité.
L’hypnothérapeute devra s’adapter à l’âge du développement cognitif de l’enfant. Les techniques utilisées seront également différentes selon l’âge du patient. Des cas cliniques permettront de mieux comprendre l’utilisation de cette technique en médecine ambulatoire.

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Nanoparticules : de nouveaux outils thérapeutiques déjà éprouvés. Danger ou formidable espoir pour la société ?

L’utilisation des nanoparticules en santé connaît un essor particulièrement exceptionnel ces dernières années. Des nanograins sont associés à des molécules organiques pour “vectoriser” des médicaments (chimiothérapie, anti-inflammatoire…). L’objectif est alors de concentrer ces traitements sur le site pathologique en limitant les effets secondaires. Des nanoparticules sont également utilisées comme agents de contraste en imagerie médicale, notamment en IRM ou intrinsèquement comme agents thérapeutiques. Dans ce dernier cas, les nanoparticules, via des phénomènes physiques émanant de leur composition et/ou de leur taille, vont, par exemple, conduire à la destruction de cellules cancéreuses par des phénomènes d’hyperthermie ou de radiosensibilisation.
Un bref état de l’art est présenté dans cet article, étayé de résultats obtenus en interne. La notion de “risque nano” est également abordée, ceci afin que tout un chacun dispose d’éléments antinomiques afin de se faire une opinion concernant l’éternel dilemme associé à chaque nouvelle technologie : Risques ou bénéfices, de quel côté penchera la balance ?

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Quoi de neuf en rhumatologie pédiatrique ?

Arthrites juvéniles idiopathiques (AJI) 1. Physiopathologie: forme systémique d’AJI et syndrome d’activation macrophagique En ce qui concerne la physiopathologie des…

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Syndrome d’apnées obstructives du sommeil : amygdalectomie systématique ou pas ? Et après ?

La cause principale du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) chez l’enfant, de 3 à 8 ans, est l’hypertrophie des tissus lymphoïdes. La chirurgie ORL (adénoïdectomie et amygdalecto-mie) a donc toujours été la première option thérapeutique. Récemment, cette notion a été relati-visée, notamment en cas de SAOS qualifié de léger à modéré : une attitude attentiste avec une surveillance de l’évolution peut être proposée. Encore faut-il faire un diagnostic polysomnogra-phique.
Par ailleurs, l’amygdalectomie partielle tend à se généraliser en France (en Suède, c’est la tech-nique de référence), permettant une prise en charge efficace sur le court terme en limitant les risques postopératoires. Les études de cohorte indiquent une possible récidive des symptômes de SAOS avec un risque de nouvelle intervention chirurgicale de moins de 4 %.
Enfin, l’hypertrophie des tissus lymphoïdes n’est pas la seule cause du SAOS qui, s’il persiste, né-cessite une prise en charge multidisciplinaire associant médecin traitant, chirurgien, orthodon-tiste, kinésithérapeute spécialisé et spécialiste de la ventilation de l’enfant.

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Épilepsie : quel devenir à long terme ?

L’épilepsie de l’enfant survient sur un cerveau en plein développement et impacte possiblement de façon durable les capacités cognitives de ceux-ci et donc leur devenir adulte. Il convient de distinguer les épilepsies secondaires à une maladie métabolique, développementale, lésionnelle ou génétique et les épilepsies dites idiopathiques ou fonctionnelles.
Le devenir à long terme dépend de la pharmacorésistance ou dépendance, de l’âge de début des crises, avec un pronostic plus sévère pour les épilepsies précoces. Même les épilepsies dites bénignes semblent impacter le devenir social, psychologique et cognitif des enfants à l’âge adulte.
Le choix du traitement antiépileptique et la durée des traitements restent débattus. Il est important de favoriser la transition à l’âge adulte en tenant compte de toutes les dimensions cognitives, lésion-nelles et psychosociales.

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Otites : antibiothérapie ou pas ?

L’otite moyenne aiguë peut guérir sans l’aide d’antibiotiques dans un grand nombre de cas.
Si l’antibiothérapie reste préconisée chez l’enfant de moins de 2 ans, elle n’est plus systématique au-delà, surtout si l’enfant est peu algique et peu fébrile, et qu’il n’a pas d’otorrhée. La durée du traite-ment a été raccourcie chez les enfants de plus de 2 ans.
La molécule à privilégier en première intention est l’amoxicilline, qui peut être administrée en deux prises par jour.

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Lettres clés spécifiques du dépistage : un enjeu pour la pédiatrie

Plus de 93 % de l’activité pédiatrique libérale est régie par la Nomenclature générale des actes pro-fessionnels (NGAP). Au fur et à mesure des négociations conventionnelles, de nombreuses majora-tions ont été créées qui ne peuvent se cumuler avec la consultation, mais cela n’a pas suffi à revalo-riser notre profession. Nous sommes toujours en attente de la ROSP pédiatrique et d’une CCAM cli-nique, promises depuis 13 ans, mettant en place une hiérarchisation des consultations, valorisant nos examens aux âges clé, de dépistage, nos consultations longues et qui donnera enfin aux pédiatres les moyens financiers de mieux équiper leurs cabinets.
La Classification commune des actes médicaux (CCAM), à visée diagnostique et/ou thérapeutique, est sous-utilisée par les pédiatres et ne concerne que 7 % de notre activité. Il faut donc en faire la promotion, former les pédiatres dès leur internat à leur utilisation et leur codage, et surtout créer des actes spécifiques supplémentaires.

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Nébulisation en rhinologie : les erreurs à éviter

L’aérosolthérapie à visée sinusienne est un outil thérapeutique qui permet d’améliorer l’efficacité locale d’un traitement et d’éviter son passage systémique. Son utilisation chez l’enfant est possible pour le traitement des rhinosinusites subaiguës et chroniques.
Les corticoïdes sont prescrits pour les poussées inflammatoires. Les antibiotiques sont indiqués en présence d’une infection bactérienne. L’aérosolthérapie doit être réalisée avec un appareil sonique afin d’assurer sa déposition dans les sinus. L’utilisation d’un embout nasal permet de concentrer le médicament actif dans les fosses nasales, en évitant les pertes sur la face et une déposition oculaire.
Un lavage de nez est recommandé avant la séance d’aérosolthérapie afin d’optimiser son dépôt sur la muqueuse. La durée minimale efficace de l’aérosol est de 7 jours au rythme de deux séances de 10 minutes.

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Les alternatives au dépistage néonatal de la surdité

A l’heure où certains prônent un repérage post-natal précoce pour découvrir une surdité sans avoir à recourir au dépistage à la naissance, il nous est apparu souhaitable de rappeler l’expérience acquise en Grande-Bretagne. Pendant de nombreuses années, deux programmes alternatifs au dépistage néonatal ont été pratiqués à l’échelle nationale dans ce pays à la population et au niveau social comparables au nôtre. Le premier programme consistait à faire tester l’audition de tous les nourrissons âgés de 7 à 9 mois par des techniciens de santé se rendant au domicile des parents.Le deuxième programme s’appuyait quant à lui sur des recueils d’information auprès des parents et une sensibilisation de ceux-ci à venir consulter un médecin au moindre doute sur l’audition de leur nourrisson. Après une dizaine d’années d’utilisation successive de ces deux stratégies, les pouvoirs publics britanniques ont considéré que leur impact sur l’âge d’identification des enfants sourds était décevant, les amenant à les remplacer par un test généralisé dans toutes les maternités et unités de soins intensifs.

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Particularités des conjonctivites infectieuses de l’enfant

La conjonctivite du nouveau-né doit être nettement différenciée des conjonctivites du nourrisson et de l’enfant. En effet, elle est rare mais potentiellement très sévère, principalement secondaire aux pathogènes responsables des maladies sexuellement transmissibles comme Chlamydia trachomatis, Neisseria gonorrhoeæ ou Herpes simplex virus. A l’inverse, les conjonctivites de l’enfant sont fréquentes et bénignes dans la plupart des cas.
Chez le nourrisson, la prescription d’antibiotiques est la règle. L’usage des antibiotiques n’est pas systématique après 2 ans. La survenue de récidives infectieuses fera rechercher une imperforation des voies lacrymales.

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Faut-il avoir peur des sucres chez l’enfant ?

L’excès de sucres chez l’enfant occasionne une véritable peur phobique chez un grand nombre de parents et de professionnels de santé, notamment en raison du risque d’obésité qu’il ferait encourir.
Dans cet article, chacun des arguments motivant cette peur est analysé en se basant sur les données objectives de la littérature scientifique. Il résulte de cette analyse que la peur des sucres est clairement démesurée chez l’enfant. Quant à leur surconsommation, parfois rapportée chez les enfants obèses, elle est la conséquence des ingesta accrus de ces enfants, mais en aucun cas la cause de la maladie.

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Autres larmoiements de l’enfant

Les larmoiements “clairs” sont dépourvus de risque infectieux et font peu l’objet de soins chirurgicaux. Les étiologies sont dominées par les agénésies canaliculaires et les sténoses post-virales.
Les sténoses post-virales succèdent à une conjonctivite typiquement associée à des lésions cutanées situées en regard des canalicules. L’herpès, le zona et les adénovirus sont principalement en cause. Une consultation en urgence doit éliminer une canaliculite. Si une canaliculite est diagnostiquée, l’intubation lacrymale en urgence doit être discutée.

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Hypospadias : où en est-on ?

L’hypospadias est l’une des malformations congénitales urogénitales masculines les plus fréquentes avec une incidence significativement croissante sur les 25 dernières années : environ 1/250 garçons nouveau-nés. L’anomalie résulte de l’insuffisance de virilisation du tubercule génital dont les causes sont essentiellement inconnues et probablement multifactorielles.
Une large variété de techniques opératoires a été élaborée au cours des dernières décennies. L’évaluation des résultats à long terme de la réparation de l’hypospadias repose sur l’aspect cosmétique, la miction, les fonctions érectile et sexuelle et la satisfaction du patient.

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Doit-on abandonner la prescription des IPP dans le RGO du nourrisson ?

Depuis plus de dix ans, la prescription d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) chez le nourrisson a considérablement augmenté. L’absence de traitement prokinétique efficace actuellement est probablement responsable de ce phénomène, mais il semble surtout nécessaire de cibler les indications de ce traitement, le reflux gastro-œsophagien du nourrisson étant principalement physiologique. Aussi, depuis quelques années, de nombreux travaux étudient l’efficacité des traitements par IPP, ce qui a ainsi conduit les sociétés européennes et américaines de gastro-entérologie pédiatrique à établir des recommandations en 2008. De manière générale, l’indication principale d’un traitement par IPP chez le nourrisson est limitée à l’œsophagite ulcérée confirmée par endoscopie. Un traitement empirique par IPP est le plus souvent déconseillé.

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Quelle position d’installation choisir pour un nourrisson hospitalisé en détresse respiratoire aiguë ?

Il a été longtemps admis que la position préférentielle pour un nourrisson en situation de détresse respiratoire était la position demie-assise. Depuis les années 90, le décubitus ventral a pu être montré comme bénéfique en termes d’oxygénation et de fréquence respiratoire pour des patients de tout âge en situation de détresse respiratoire. Néanmoins, le nourrisson et le nouveau-né peuvent être considérés comme des populations spécifiques dans la mesure où leur mécanique respiratoire est différente et qu’il existe un risque spécifique de mort subite inexpliquée pour lequel le décubitus dorsal a été prouvé comme protecteur. Une revue Cochrane, récemment réactualisée, refait un point exhaustif sur ces différentes questions. Si elle confirme le bénéfice de la position ventrale chez le prématuré en ventilation mécanique, elle montre surtout qu’aucune position ne se dégage comme globalement favorable chez les autres patients, même en cas de pathologie pulmonaire unilatérale.

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Comment mieux comprendre le métabolisme de la vitamine D ?

La vitamine D n’est pas une vitamine au sens strict car l’insolation peut être source de synthèse. Cependant, son caractère aléatoire sous nos climats ainsi qu’une alimentation courante peu riche en poissons gras contraignent à une supplémentation médicamenteuse, particulièrement chez le jeune enfant et probablement l’adolescent chez lesquels la vitesse de croissance est élevée.
Le reflet du statut vitaminique D de l’organisme est représenté par le taux plasmatique de 25(OH)D. La régulation des étapes de synthèse jusqu’au métabolite terminal est assurée par des mécanismes de rétrocontrôle, mais aussi de dégradation sous-cutanée en cas d’insolation excessive, ou de dégradation du métabolite actif terminal en cas de synthèse excessive.
L’action de la vitamine D se fait comme une hormone stéroïde par l’intermédiaire de récepteurs répartis dans l’organisme, et pas seulement au niveau de l’intestin, pour y favoriser l’absorption active du calcium. Cela augure des actions extra-osseuses de cette vitamine sur le système immunitaire ou la régulation de la prolifération cellulaire.

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Ventilation non invasive dans les troubles du sommeil : chez l’enfant aussi ?

Chez les enfants présentant des troubles respiratoires du sommeil, qu’ils soient centraux ou obstructifs, la ventilation non invasive a pour but de restaurer une ventilation normale. Elle permet ainsi de limiter, voire d’éliminer, la survenue d’apnées et/ou de corriger une anomalie des échanges gazeux. La ventilation non invasive est le plus souvent nocturne ; elle se fait essentiellement sur un mode barométrique avec un ou deux niveaux de pression. Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil de l’enfant représente l’exemple le plus fréquent, comme chez l’adulte, de l’utilisation d’une assis-tance ventilatoire nocturne par pression positive continue. De nombreuses interfaces industrielles sont dorénavant disponibles permettant de prendre en charge la majeure partie des enfants. Le choix du mode de ventilation et du matériel utilisé dépend de l’enfant (âge, poids, comorbidités) et des habitudes locales (équipe médicale notamment). Les critères d’initiation selon les pathologies et l’âge de l’enfant ne sont pas validés.

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Appendicectomie : quelles sont les limites de la cœlioscopie ?

L’appendicite est une affection fréquente de l’enfance à laquelle tout chirurgien pédiatre est confronté. Le choix de la technique chirurgicale est souvent dicté par la préférence du chirurgien lui-même. L’appendicectomie par cœlioscopie est une technique décrite depuis 1983 qui s’est largement répandue depuis. Hormis une durée d’intervention plus longue pour les appendicites compliquées, la cœlioscopie a l’avantage de présenter moins de complications postopératoires (abcès pariétaux ou intra-abdominaux, occlusion secondaire), un aspect cosmétique plus satisfaisant, une analgésie plus légère, une durée d’hospitalisation et de retour à une activité normale plus rapide. Néanmoins, son coût reste sa principale limite, surtout à notre époque où l’économie de santé est devenue un sujet de premier plan.

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Pour une reconnaissance et une prise en charge urgentes de l’AVC de l’enfant

L’AVC de l’enfant est mal reconnu à la phase aiguë. La survenue soudaine d’un déficit neuro-logique focal, parfois transitoire et fluctuant, est pourtant caractéristique.
L’imagerie précise le type d’accident (hémorragie cérébrale, infarctus artériel ou thrombose veineuse) et oriente le diagnostic étiologique, qui sera rapidement étayé par quelques inves-tigations simples : bilan cardiaque, biologie sanguine ou du LCR. Certaines mesures théra-peutiques immédiates sont adaptées à tous les AVC : surveillance continue, maintien de l’homéostasie, traitement de la cause, prévention des complications et rééducation précoce. L’indication des antithrombotiques dépend du mécanisme de l’accident.
Une attitude intégrative au sein d’unités neurovasculaires dédiées a permis de diminuer la morbi-mortalité post-AVC chez l’adulte. Un diagnostic urgent et des soins adaptés doivent permettre d’atteindre le même objectif chez l’enfant.

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Anomalies du développement sexuel : les erreurs à ne pas faire à la maternité

La découverte d’une anomalie des organes génitaux sur les échographies anténatales ou lors de l’examen postnatal est une situation rare mais nécessitant une prise en charge ur-gente et adaptée. Néanmoins, toutes les anomalies des organes génitaux externes ne méri-tent pas l’appellation d’anomalie du développement sexuel (DSD : disorders of sex develop-ment). Le diagnostic doit être établi le plus tôt possible devant l’urgence vitale en cas de pa-thologie surrénalienne.
Parfois, il est nécessaire de différer la déclaration du sexe de l’enfant le temps des explora-tions complémentaires. Un tel diagnostic impose une prudence verbale dans l’information transmise aux parents en raison des conséquences émotionnelles inévitables.
Une prise en charge pluridisciplinaire avec des praticiens, familiers de ce type de pathologie, est souvent indispensable afin d’éviter les erreurs et le retard diagnostique.

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Vaccinations de l’adolescent : comment convaincre ?

La couverture vaccinale des adolescents est faible dans tous les pays et plus particulière-ment en France. L’adolescent se sent en bonne santé et n’est donc pas préoccupé par la pré-vention ; il ne consulte jamais. Il faut donc saisir toutes les occasions (demandes de certifi-cats, consultation pour traumatisme, etc.) pour lui parler de vaccination et, contrairement à une idée répandue, il est beaucoup plus intéressé par le sujet que ses parents.
Reste que le nouveau calendrier vaccinal, s’il est bien appliqué, fait que – après l’âge de 11-13 ans et jusqu’à 25 ans – l’adolescent n’a plus besoin de vaccination (exception faite d’un éventuel rappel méningococcique C). Il nous reste donc à convaincre médecins et parents de mieux appliquer le calendrier vaccinal de l’enfant !

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Existe-t-il une prévention nutritionnelle de l’autisme chez la femme enceinte ?

Parmi les facteurs environnementaux susceptibles de favoriser l’autisme, le rôle des folates (vitamine B9) a été avancé et confirmé par différentes études épidémiologiques qui ont montré la prévalence élevée de troubles du métabolisme et du transport des folates chez les enfants autistes, ainsi que les bénéfices apportés dans certains cas par une supplémentation en acide folique.
À la suite de ces observations, deux études observationnelles récentes, effectuées sur de larges cohortes mère‑enfant, ont montré qu’une supplémentation maternelle périconceptionnelle en acide folique permettait de diminuer le risque d’autisme d’environ 40 % chez les enfants.

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Vaccination rotavirus : bénéfice ou risque ? “Le paradoxe français”

Deux vaccins, RotaTeq et Rotarix, possèdent une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour la prévention des infec-tions à rotavirus. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a recommandé la vaccination de tous les nourrissons contre les gastroentérites aiguës à rotavirus en France en novembre 2013.
Cette vaccination n’a pas été inscrite au calendrier vaccinal français, car l’admission au remboursement des vaccins et leur prix n’avaient pas encore été déterminés. Cette procédure d’inscription ne se fera pas car le HCSP, au vu des derniers éléments du rapport bénéfices/risques, a décidé de suspendre sa recommandation dans un avis daté d’avril 2015.
Les objectifs de la recommandation vaccinale étaient de prévenir les cas de gastroentérite aiguë à rotavirus chez les nour-rissons, par conséquent la morbi-mortalité et le coût économique de ces infections.

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Faut-il craindre les moustiques en France métropolitaine ?

Les moustiques sont des agents nuisants et surtout des vecteurs de maladies. Aedes albopictus est le moustique le plus dangereux pour la France métropolitaine, où il est implanté en 2015 dans 20 départements.
En effet, il est très compétent pour transmettre la dengue et le chikungunya, alors que de nombreux cas de ces arboviroses sont importés en métropole chaque année. Depuis 2010, il est responsable de cas autochtones sporadiques, et en 2014 un foyer de chikungunya s’est même déclaré à Montpellier.
Les autres menaces potentielles – maladie à virus Zika, maladie à virus West Nile et paludisme – sont pour l’instant à risque épidémiologique faible pour la métropole. La surveillance épidémiologique et la lutte antivectorielle sont les piliers du combat contre ces maladies émergentes en Europe comme en zone intertropicale.

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Spécificités du suivi nutritionnel et digestif de l’enfant : du prématuré à la sortie de l’hôpital

À ce jour, il n’y a pas de recommandations formelles sur l’alimentation post-hospitalière de l’enfant prématuré. Toutefois, on peut essayer de définir un cadre et avancer des propositions fondées sur les données disponibles et les commentaires des sociétés savantes.
Il est souhaitable de favoriser l’allaitement, qui a des avantages spécifiques dans cette population. Dans certains cas, il pourrait être utile d’enrichir le lait maternel après la sortie de l’hôpital. Chez l’enfant qui ne peut pas être allaité, différentes préparations à base de lait de vache sont disponibles.
Les caractéristiques des enfants prématurés à la sortie du service ont changé ces dernières années, car la croissance de ces enfants durant l’hospitalisation est meilleure. Ces enfants ne présentent donc plus aussi souvent qu’auparavant une insuffi-sance staturo-pondérale à la sortie. Il faut prendre en compte la situation de chaque enfant afin de proposer une nutrition individualisée répondant ses besoins.