Concept de la marche atopique : une idée à l’arrêt ?
Longtemps considérée comme un modèle fondateur en allergologie pédiatrique, la marche atopique décrivait une progression séquentielle des maladies allergiques, de la dermatite atopique (DA) aux atteintes respiratoires. Cette vision linéaire est aujourd’hui remise en question au profit de trajectoires plus complexes et hétérogènes. La DA précoce reste un point d’entrée clé, associée à un risque accru d’allergie alimentaire, possiblement via une sensibilisation transcutanée liée à une altération de la barrière cutanée. Les interactions entre facteurs génétiques, notamment les anomalies de la filaggrine, et environnementaux jouent un rôle déterminant. Dans ce contexte, des stratégies précoces émergent – soin de la barrière cutanée et diversification alimentaire anticipée –, fondées sur l’idée d’une tolérance induite par la voie digestive. Leur bénéfice semble établi pour les allergies alimentaires, mais reste incertain pour les atteintes respiratoires.
