Les leucémies aiguës représentent le premier cancer de l’enfant, avec environ 600 nouveaux cas par an en France. En cinq décennies, la survie des leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) est passée de moins de 10 % à plus de 90 % et celle des leucémies aiguës myéloïdes (LAM) à près de 80 %. Ces résultats, parmi les plus spectaculaires de l’oncologie moderne, restent assortis de deux défis : d’une part, les formes de haut risque, LAL-T, LAM résistantes, leucémies du nourrisson, dont le pronostic plafonne ; d’autre part, les séquelles à long terme : plus de la moitié des survivants développent au moins une complication chronique de grade ≥ 3 à 30 ans [1]. Les stratégies actuelles visent à faire mieux avec moins de chimiothérapie : c’est la promesse des thérapies ciblées et des immunothérapies, aujourd’hui en pleine expansion.
Les leucémies aiguës de l’enfant en 2026
Une leucémie aiguë est la prolifération incontrôlée de cellules hématopoïétiques immatures, envahissant la moelle osseuse et détruisant l’hématopoïèse normale. Il en résulte une insuffisance médullaire (anémie, thrombopénie, neutropénie) ainsi qu’une possible infiltration d’autres tissus : ganglions, foie, rate, peau, système nerveux central (SNC), testicule, etc. Chez l’enfant, les LAL représentent 80 à 85 % des cas (dont environ 15 % de phénotype T) et les LAM, 15 à 20 %. La précocité de ces leucémies interroge le rôle d’une prédisposition génétique : la trisomie 21 multiplie le risque par 10 à 20. La prise en charge est assurée exclusivement dans les 28 centres hautement spécialisés pédiatriques du réseau de la Société française de lutte contre les cancers et les leucémies de l’enfant et de l’adolescent (SFCE).
Si la survie est aujourd’hui excellente, les traitements restent lourds et prolongés : 2 à 3 ans pour les LAL, 6 mois intensifs avec certaines phases en « chambre stérile » pour les LAM. L’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH) est réservée aux formes de LAM à haut risque de rechute. La cohorte[...]
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