JIRD 2026

Comment vacciner un enfant immunodéprimé ?

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Les enfants immunodéprimés ont un risque accru d’infections sévères dont certaines peuvent être prévenues par la vaccination. En effet, même si la réponse vaccinale de l’enfant immunodéprimé n’est pas aussi bonne que celle de l’enfant sain, ces enfants sont capables de répondre à la vaccination et il est donc très important de les vacciner. Cependant, afin d’éviter toute complication et d’optimiser leur réponse vaccinale, il est important d’avoir certains éléments en tête avant de les vacciner.

Le risque infectieux est différent selon le type de déficit immunitaire. En effet, alors que les infections invasives à pneumocoque, la grippe et le COVID-19 sont plus fréquentes et présentent un risque accru de complications chez tous les enfants immunodéprimés, d’autres infections à prévention vaccinale sont plus fréquentes seulement dans certains déficits immunitaires [1]. Ainsi, par exemple, parmi les enfants ayant un déficit en complément, il a été rapporté que le risque d’infections à Haemophilus influenzae b (Hib) était particulièrement accru chez les enfants ayant un déficit en C3 alors que le risque d’infections à Neisseria meningitidis était plutôt augmenté chez les enfants ayant un déficit en poperdine [1]. Par ailleurs, certains virus oncogènes comme le papillomavirus humain (HPV) présentent un risque particulier dans cette population, avec une incidence plus élevée de cancers et un délai de transformation plus rapide des lésions précancéreuses [2]. Ces éléments soulignent l’importance d’une prévention vaccinale adaptée chez ces enfants.

L’efficacité des vaccins chez les enfants immunodéprimés est globalement inférieure à celle observée dans la population générale. Cependant, la majorité des données dont nous disposons reposent sur des études d’immunogénicité et non d’efficacité clinique. Par ailleurs, la plupart des études s’intéressent à l’immunité humorale sans regarder l’immunité cellulaire de ces patients, qui est souvent meilleure [3]. Une revue de la littérature parue en 2022 a proposé de classer les déficits immunitaires en 3 groupes : bonne réponse vaccinale (> 60 % de séroconversion attendue) ; réponse intermédiaire (40-60 % de séroconversion attendue) ; mauvaise réponse (< 40 % de séroconversion attendue) [4] (tableau I). En fonction de la qualité prévue de la réponse, plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre afin d’optimiser la réponse vaccinale : le choix du moment de la vaccination, l’augmentation de la dose et/ou du nombre de doses ou encore la vaccination de l’entourage comme la fratrie. En période d’immunosuppression profonde, le recours aux immunoglobulines peut être envisagé en attendant[...]

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À propos de l’auteur

Service d’Hémato-immuno-oncologie pédiatrique Hôpital Armand-Trousseau AP-HP, PARIS