L’amyotrophie spinale infantile (SMA) est une maladie neuromusculaire génétique rare, de transmission autosomique récessive, caractérisée par une dégénérescence des motoneurones de la moelle épinière.
Avec une incidence d’environ 1 naissance sur 10 000, elle constitue une cause importante de mortalité infantile d’origine génétique dans ses formes les plus sévères.
L’identification du gène SMN1 et la compréhension des mécanismes physiopathologiques ont permis, en quelques années, le développement de traitements innovants. Parmi eux, la thérapie génique représente une avancée majeure, qui transforme l’histoire naturelle de la maladie et améliore la survie aux formes sévères.
Dans environ 95 % des cas, la SMA est liée à une délétion homozygote du gène SMN1 (5 % de délétion et mutation ponctuelle), responsable de la production de la protéine SMN nécessaire à la survie des motoneurones.
Le gène SMN2 joue un rôle de « gène de secours », modulant la sévérité du phénotype en fonction du nombre de ses copies [1, 2].
Cliniquement, on distingue classiquement trois formes principales : la SMA de type 1 : forme sévère, début précoce, avec décès avant l’âge de 2 ans en l’absence de traitement ; la SMA de type 2 : enfants non marchants avec perte progressive d’autonomie ; et la SMA de type 3 : enfants marchants ; formes plus modérées avec risque secondaire de perte de la marche.
Une révolution thérapeutique récente
Depuis 2017, la prise en charge de la SMA a été transformée par l’arrivée de traitements ciblant la production de protéine SMN.
Le nusinersen (administré par voie intrathécale tous les 4 mois) et le risdiplam (traitement oral quotidien) agissent en modifiant l’épissage du gène SMN2, afin d’augmenter la production de protéine SMN fonctionnelle. Ces traitements sont donnés à vie [3-5].
En 2019, une nouvelle approche a émergé : la thérapie génique. Elle vise à remplacer directement le gène déficient. L’onasemnogène abéparvovec est composé d’un vecteur viral (AAV9), capable de franchir la barrière hémato-encéphalique et de délivrer une copie fonctionnelle du gène SMN1.
Ce traitement est administré en une injection intraveineuse unique, associée à une corticothérapie prolongée. Ses indications concernent la SMA de type 1 ou 2, et la SMA présymptomatique[...]
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