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Eczéma de contact : se méfier des formes trompeuses

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L’eczéma de contact allergique (ECA) est une dermatose inflammatoire liée à une réaction d’hypersensibilité retardée de type IV, nécessitant une phase de sensibilisation préalable qui correspond à l’exposition initiale à l’allergène. Lors d’une nouvelle exposition à celui-ci, les lymphocytes T spécifiques (plutôt de type 1, profil Th1), produits lors de la première phase, vont migrer vers l’épiderme, à l’origine d’une réaction inflammatoire localement, responsable des manifestations cliniques observées.

Il s’agit d’une dermatose pouvant être chronique, avec un impact significatif sur la qualité de vie : trouble du sommeil, difficultés scolaires, etc.

Longtemps sous-estimé en pédiatrie [1], l’ECA affiche une prévalence pourtant similaire à celle chez l’adulte, soit 16,5 %. Plusieurs observations ont même été rapportées chez des nourrissons [2]. La majorité des cas sont diagnostiqués tardivement, souvent après 10 ans.

La prévalence chez l’enfant est en augmentation, ce qui pourrait être en lien avec des expositions de plus en plus croissantes et précoces à des allergènes divers et variés, de façon répétée. Plusieurs études montrent par ailleurs que l’influence des réseaux sociaux est à l’origine d’une consommation accrue, notamment de produits cosmétiques, dont les excipients font souvent partie des allergènes classiques des batteries pédiatriques [3]. Les filles semblent présenter un risque plus élevé en raison de différences comportementales et d’exposition plus à risque. Ces risques sont par ailleurs multipliés du fait de la barrière cutanée encore immature dans cette population.

La fréquence est plus élevée chez les patients atopiques, plus particulièrement chez les enfants atteints de dermatite atopique (DA) [4]. Cette dernière est d’ailleurs souvent co-morbide de l’ECA : plus d’un tiers des enfants présentent les deux pathologies. Ceci peut s’expliquer par des voies immunitaires communes, alors qu’on pensait classiquement que la DA était liée à la polarisation Th2 et l’ECA à la polarisation Th1. La DA peut donc masquer un ECA sous-jacent, mais les deux affections peuvent également se ressembler en touchant des zones similaires. Les enfants atteints de DA ont une altération de la barrière cutanée, ce qui peut entraîner par ailleurs un risque accru de sensibilisation aux allergènes, bien que les études tendent à montrer des taux globaux d’ECA chez les enfants avec ou sans DA [5].

Cliniquement, l’ECA se caractérise par des lésions érythémateuses, vésiculeuses, pouvant être à l’origine de suintement avec croûtes secondairement (fig. 1). La forme chronique se caractérise par une lichénification, une atteinte fissuraire, voire une hyperpigmentation post-inflammatoire. Les topographies évocatrices sont les zones[...]

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À propos de l’auteur

Services de Dermatologie et d’Allergologie – CHRU de NANCY