Effet nocebo chez l’enfant : les mots qui aggravent les maux

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L’effet placebo demeure un sujet d’actualité, comme en témoigne le débat passionnel autour de l’homéopathie. L’effet nocebo a été lui aussi largement débattu pour expliquer les effets indésirables décrits avec la nouvelle formulation du Levothyrox.

Qu’est-ce que l’effet nocebo ?

L’effet nocebo peut s’observer de plusieurs manières :
– aggravation de l’état du patient, du symptôme pour lequel il est traité : un traitement à visée antalgique va augmenter la douleur du patient (hyperalgésie) ;
– apparition de nouveaux symptômes non attribuables au produit utilisé : le patient se plaint de vertige après avoir pris un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) ;
– diminution voire abolition de l’effet d’un traitement actif validé prescrit correctement.

Nos connaissances sur l’effet nocebo se sont développées parallèlement à l’augmentation considérable de celles sur l’effet placebo durant ces 20 dernières années. Il a ainsi été observé que la suggestion très souvent associée à l’effet placebo pouvait induire des effets adverses. La meilleure illustration se retrouve dans les études randomisées : les patients (tirés au sort) dans le groupe placebo présentent souvent les mêmes effets indésirables que ceux qui leur ont été décrits lors de la présentation du protocole et de ses potentiels effets indésirables [1]. Ils vont décrire des nausées, des vomissements identiques à ceux qui leur avaient été présentés comme effets indésirables potentiels lors de la consultation d’inclusion dans le protocole.

Un patient, croyant ingérer des doses massives d’antidépresseur pour se suicider, a présenté un tableau d’hypo­tension majeur nécessitant un remplissage vasculaire. La pression artérielle est revenue à la normale dès que le patient a su que les comprimés ingérés étaient du placebo [2].

Les scores de douleur postopératoire augmentent significativement quand le patient est faussement informé que le traitement antalgique était interrompu alors qu’il continuait à recevoir le produit antalgique aux mêmes doses. Inversement, les patients ne sachant pas qu’ils bénéficient d’un antalgique actif (perfusion cachée de morphinique) ont des scores de douleur augmentés de 20 à 30 % [3].

La[...]

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À propos de l’auteur

Responsable du second programme national de lutte contre la douleur 2002-2005, Psychiatre, Médecin de la douleur, Anesthésiste, Centre de la douleur et de la migraine, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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