Endoscopie digestive à visée thérapeutique : progrès et perspectives

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Depuis plusieurs années sont développées en chirurgie pédiatrique des procédures de moins en moins invasives. Le recours massif à l’utilisation de la cœlioscopie ou l’apparition plus récente des robots chirurgicaux illustrent cette évolution. Plus récemment, l’endoscopie digestive a suivi une évolution semblable. Plusieurs techniques d’endoscopie interventionnelle sont ainsi apparues chez l’adulte, avant d’être adaptées à l’enfant.

L’œsophage, un organe accessible

De par son accessibilité, l’œsophage est un site fréquent d’utilisation de l’endoscopie interventionnelle. Les sténoses œsophagiennes sont une indication classique de thérapeutique endoscopique chez l’enfant. La stratégie thérapeutique classique utilise des dilatations endoscopiques au ballonnet ou à la bougie [1]. En cas de résistance de la sténose aux dilatations, des traitements locaux à type de mitomycine C ou de triamcinolone peuvent être utilisés endoscopiquement pour favoriser l’efficacité des dilatations suivantes [2]. La dernière étape fait appel à la chirurgie en cas de résistance.

Pour éviter le recours à la chirurgie, de nouvelles techniques d’endo-incision de l’anneau fibreux sténosant sont apparues (fig. 1). Chez 36 enfants porteurs de sténose postopératoire de chirurgie d’atrésie de l’œsophage, l’endo-incision avait un taux de succès de 61 % pour les sténoses réfractaires à plus de 7 dilatations [3]. Pour les sténoses moins réfractaires, le taux de succès était de 100 % [3]. L’expérience française est en cours de publication et confirme la possibilité d’améliorer environ la moitié des sténoses multi-réfractaires grâce à l’endo-incision.

Encore récemment, les perforations digestives représentaient une contre­indication à l’endoscopie. Les fuites ou lâchages anastomotiques sont des complications graves des chirurgies réparatrices de l’œsophage. Le traitement conservateur par antibiothérapie et mise à jeun permet souvent d’obtenir la fermeture de la perforation. Quand la fuite perdure, ces patients sont souvent particulièrement fragiles et la chirurgie peut représenter un risque morbide important. Plusieurs publications pédiatriques ont montré que la mise en place d’endoprothèses couvertes représente une alternative efficace à la chirurgie (fig. 2). Ainsi, la pose d’endoprothèse a permis d’obtenir la cicatrisation de 9/10 perforations œsophagiennes chez l’enfant [4].[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastroentérologie et Nutrition pédiatriques, Hôpital Robert-Debré, PARIS.