Existe-t-il une prévention nutritionnelle de l’autisme chez la femme enceinte ?

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Il est actuellement admis que l’autisme est favorisé par l’inter-action de facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux. Au cours de ces dernières années, plusieurs études se sont attachées à identifier les facteurs environnementaux, éventuellement modifiables, associés à l’autisme et susceptibles d’en augmenter le risque [1]. En intervenant sur ces facteurs au cours de la grossesse ou de la période préconceptionnelle, il serait en effet envisageable de prévenir ou de -diminuer le risque de cette affection.

Parmi les différents facteurs examinés, tels que les toxiques (tabac, alcool ou certains médicaments), ou les polluants (microparticules, pesticides, pertur-bateurs endocriniens), ce sont les facteurs nutritionnels et plus particulièrement les apports et le statut maternels en folates pour lesquels on dispose d’éléments de preuve concordants [1-4].

Folates et autisme

Les folates (vitamine B9), en lien avec la vitamine B12, ont un rôle clé dans les échanges de groupements monocarbonés, nécessaires à la synthèse de méthionine et à celle des acides nucléiques indispensables à la synthèse et à la réplication de l’ADN. Ils jouent également un rôle essentiel dans la méthylation de l’ADN et donc à la régulation épigénétique de son expression [2].

Des carences maternelles d’apport en folates, mais surtout une dysfonction de la voie métabolique folate-méthionine, due notamment à des polymorphismes de l’enzyme critique de la régulation de cette voie métabolique, la méthylènetétrahydrofolate réductase (MTHFR), ont été observées au cours de différentes affections neurologiques au premier rang desquelles des défauts de fermeture du tube neural (DFTN). Plus récemment, un mécanisme auto-immun a été évoqué chez des mères ayant eu un enfant avec DFTN, et qui étaient porteuses -d’anticorps antirécepteurs de l’acide folique [5]. Un point essentiel a été la démonstration de l’efficacité préventive d’une supplémentation maternelle en acide folique, sous réserve que celle-ci soit précoce, au cours de la période initiale du développement du système nerveux central (SNC), c’est-à-dire au cours des 28 premiers jours suivant la fécondation.

C’est la raison pour laquelle certains pays, tels que les États-Unis et le Canada, ont institué un enrichissement systématique des farines en folates, tandis que d’autres dont la France préconisent une supplémentation en acide folique[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastroentérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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