Peut-on prévenir les SHU post-diarrhée ?

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Le pays de Louis Pasteur a le triste privilège d’être une zone d’endémie pour le syndrome hémolytique et urémique (SHU) post-diarrhéique, avec une incidence annuelle moyenne de 150 cas pédiatriques. Il est probable qu’une fraction non négligeable de malades peu symptomatiques ne sont pas reconnus mais tous, quelle que soit la gravité de la maladie initiale et des ses séquelles immédiates, font leur entrée dans la maladie rénale chronique à l’occasion de cette maladie aiguë. Vingt ans après, au moins 60 % d’entre eux seront symptomatiques sous la forme d’une hypertension artérielle, d’une microalbuminurie, d’un abaissement du débit de filtration glomérulaire ou au pire d’une insuffisance rénale chronique. Il est bon de rappeler que 80 % des malades ont moins de 5 ans au moment de la maladie aiguë.

Le syndrome hémolytique et urémique est une maladie infectieuse contagieuse due à Escherichia coli et plus spécifiquement en France aux sous-types O157, O80 et O26 qui ont la capacité de sécréter des vérotoxines. L’infection à Escherichia coli est responsable d’une diarrhée souvent invasive et les vérotoxines sont responsables de la maladie rénale [1]. Le réservoir principal des Escherichia coli sécréteurs de vérotoxines est l’intestin des mammifères (sauf l’homme qui n’est pas porteur sain chronique) et des vertébrés, en particulier les oiseaux [2]. Plusieurs approches vaccinales ont été proposées et certaines essayées pour réduire la diffusion de la colonisation dans les troupeaux domestiques et les animaux sauvages, mais la tâche est telle que l’éradication des Escherichia coli sécréteurs de vérotoxines n’est pas envisageable à court terme [3].

Les aliments porteurs d’Escherichia coli sont principalement les viandes et les produits laitiers. Les actions de prévention ne peuvent donc concerner que la chaîne alimentaire du producteur au consommateur.

La prévention industrielle à la source

La prévention à la source repose exclusivement sur le dépistage des Escherichia coli sécréteurs de vérotoxines dans les lots alimentaires avant leur commercialisation. Les sociétés industrielles du secteur agro-alimentaire animal sont de plus en plus sensibles aux problèmes microbiologiques et investissent dans des laboratoires performants en microbiologie, afin de bloquer précocement la distribution des lots alimentaires contaminés par des micro-organismes pathogènes pour l’homme [4]. D’autres industriels organisent une filière complexe[...]

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À propos de l’auteur

Hôpital Robert-Debré, PARIS.