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Quel bilan immunitaire pour quelles situations cliniques ?

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Le système immunitaire assure un rôle de défense contre de nombreuses maladies (maladies infectieuses, maladies auto-immunes, cancers). Pour ce faire, il est composé principalement de cellules (polynucléaires, lymphocytes T, B et NK) et de protéines (immunoglobulines – ou anticorps –, protéines du complément et cytokines). Les éléments étrangers à l’organisme sont considérés comme potentiellement agressifs et sont généralement appelés le « non-soi ». Les constituants du système immunitaire ont un rôle dans le repérage de l' »agresseur » et vont interagir avec lui. L’organisme met alors tout en œuvre pour limiter l’agression (en éliminant l’antigène en question) et se préparer à la prochaine attaque.

Chez tout patient, à tout âge, devant une série de symptômes/pathologies d’origine infectieuse ou non (maladies auto-immunes, [auto-] inflammatoires, allergies, cancers), il faut rechercher un déficit immunitaire primitif (DIP), après avoir éliminé un déficit immunitaire secondaire, même chez l’enfant. Les DIP peuvent être regroupés en 5 catégories principales en fonction de l’acteur principal déficient :

– DIP humoraux : déficit complet ou partiel de synthèse d’immunoglobulines ;

– DIP combinés : défaut quantitatif ou qualitatif des lymphocytes T, associé ou non à un déficit complet ou partiel de synthèse d’immunoglobulines ;

– déficit de la phagocytose : défaut quantitatif ou qualitatif des polynucléaires et des macrophages ;

– déficit du système du complément ;

– DIP complexes ou syndromiques (telles que l’ataxie-télangiectasie, ou le syndrome de Wiskott-Aldrich).

La démarche diagnostique peut être résumée comme suit (fig. 1) :

Les tests de première intention reposent sur l’hémogramme avec formule leucocytaire, frottis sanguin, dosage pondéral des immunoglobulines (ne pas réaliser d’électrophorèse des protéines plasmatiques chez l’enfant) et de sérologies post-vaccinales et post-infectieuses. En deuxième intention, d’autres tests sont à réaliser tels que le phénotypage lymphocytaire T, B, NK et T naïfs/mémoire et B naïfs/mémoire.

Les DIP sont considérés comme des maladies rares causées par des mutations dans plus de 550 gènes connus en 2026 [1]. L’ensemble du tableau clinique et paraclinique oriente les analyses génétiques soit par séquençage direct, soit par technologies de séquençage dites « de nouvelle génération » telles que le panel (« puce »), séquençage de l’exome ou du génome [2].

Le traitement repose sur la prévention des risques infectieux (antibioprophylaxie et/ou substitution par immunoglobulines humaines polyvalentes) [3]. Dans certains cas, un traitement curatif peut être proposé (allogreffe de cellules[...]

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À propos de l’auteur

Unité d’Immuno-hématologie et Rhumatologie pédiatrique & CEREDIH (Centre de référence des déficits immunitaires héréditaires) Hôpital universitaire Necker-Enfants malades, AP-HP, PARIS