JIRD 2026

Quelle démarche diagnostique devant une microcytose ?

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La constatation d’une microcytose à l’hémogramme d’un enfant n’est pas rare. Le volume globulaire moyen (VGM) est mesuré par l’automate et les valeurs usuelles (actuellement précisées pour l’âge de l’enfant par la plupart des laboratoires) sont, en dehors de la période néonatale, plus basses chez l’enfant que chez l’adulte. Les valeurs seuils pour parler de microcytose chez l’enfant sont un VGM inférieur à 70 fl avant 2 ans, 73 fl de 2 à 6 ans et 80 fl de 6 à 14 ans ; au-delà, on peut utiliser les valeurs établies chez l’adulte [1]. Toute microcytose doit être vérifiée par l’analyse du frottis. Une microcytose peut être en partie masquée par une réticulocytose importante (du fait du VGM important des réticulocytes qui sont évalués avec les globules rouges). Les étiologies en pédiatrie sont dominées par la carence martiale mais les enfants porteurs d’hémoglobinopathie sont, du fait des mouvements de population, plus souvent vus en consultation et doivent être correctement diagnostiqués.

L’érythropoïèse

Lors de l’érythropoïèse, il existe physiologiquement un synchronisme entre la division des précurseurs érythroïdes et la maturation cytoplasmique ici manifestée par l’accumulation de l’hémoglobine. Une microcytose traduit que les divisions nucléaires se font normalement alors que la synthèse de l’hémoglobine est, elle, altérée. Une microcytose est donc la conséquence d’un défaut de synthèse d’un des constituants de l’hémoglobine (Hb) : hème ou chaînes globines α ou β.

L’analyse sémiologique

Sur le plan clinique, l’interrogatoire relèvera en particulier l’origine ethnique de l’enfant et de ses deux parents, la notion de consanguinité et d’antécédents familiaux de maladie du globule rouge, la parité de la mère et le rang de l’enfant dans la fratrie, le terme de naissance, les données sur l’allaitement et le régime alimentaire… L’examen précisera la tolérance d’un syndrome anémique s’il est présent, recherchera des signes en faveur d’une carence martiale (perlèche labiale), un ictère ou une splénomégalie.

L’analyse de l’hémogramme appréciera : l’existence d’une anémie, qui sera à comparer au degré de microcytose. Un VGM particulièrement bas pour une[...]

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À propos des auteurs

Service d’Immunologie et d’Hématologie pédiatrique – Hôpital Robert-Debré AP-HP, PARIS Centre de référence des cytopénies auto-immunes de l’enfant (CEREVANCE), BORDEAUX Université Paris Cité, PARIS

Service d’Hématologie biologique Hôpital Robert-Debré AP-HP, PARIS

Service d’Immunologie et d’Hématologie pédiatrique – Hô pital Robert-Debré AP-HP, PARIS