Archives mensuelles : février, 2026

Revues générales Découverte d’une microcytose : quand adresser à l’hématologue ?
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La microcytose est définie par un volume globulaire érythrocytaire moyen inférieur aux valeurs normales pour l’âge. Elle peut être isolée ou associée à une anémie plus ou moins sévère.
Les trois mécanismes les plus fréquents à l’origine d’une microcytose sont la carence martiale, les syndromes thalassémiques et les syndromes inflammatoires.
Le recours à l’hématologue se justifie en cas de carence martiale sévère, de bêta-thalassémie homozygote, de thalassémies intermédiaires, d’hémoglobinose H, de difficultés diagnostiques ou de prise en charge.
L’accès aux techniques de biologie moléculaire permet le diagnostic des alpha-thalassémies et des rares microcytoses d’origine génétique.

Quoi de neuf Quoi de neuf en infectiologie et vaccinologie pédiatriques ?
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L’actualité 2025 a été riche en maladies infectieuses pédiatriques et, fort heureusement, en vaccinologie également. Bonnes pratiques d’hygiène trop vite oubliées et couverture vaccinale insuffisante, la saison grippale 2024-2025 a été particulièrement sévère, suivie d’une recrudescence d’infections invasives à méningocoque. La saga du pneumocoque se poursuit également avec de nouvelles armes vaccinales pour lutter contre l’augmentation d’incidence des infections invasives observée depuis une dizaine d’années. Pour contrer le sepsis (encore lié pour grande partie au méningocoque et au pneumocoque chez l’enfant), des recommandations de bonne pratique de prise en charge du sepsis sont parues sous l’égide de la Haute Autorité de santé (HAS). Les anticorps monoclonaux anti-VRS (virus respiratoire syncytial) confirment leur efficacité en vie réelle pour leur 2e saison, alors que la vaccination maternelle a fait son entrée cette saison. La rougeole se rappelle (encore) à nous avec une couverture vaccinale toujours en dessous des objectifs de 95 % d’enfants ayant reçu deux doses de vaccins à 2 ans. L’hépatite A refait elle aussi surface. Les infections émergentes ne sont pas en reste avec une augmentation des arboviroses autochtones dans des conditions de changement climatique propices à leurs vecteurs. La menace de l’antibiorésistance progresse et impose des changements urgents de comportement en termes de prescription.

Quoi de neuf
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Le choix d’articles d’intérêt en thérapeutique est source de biais liés aux centres d’intérêt de l’auteur. Je me suis concentré ici sur les pathologies “courantes” de dermatologie pédiatrique, avec une orientation sur les grandes dermatoses inflammatoires chroniques de l’enfant, pathologies concernées par des avancées thérapeutiques majeures actuellement. Les essais thérapeutiques industriels sont probablement, d’un point de vue méthodologique, les plus beaux travaux à faire l’actualité, mais ne modifient pas forcément nos pratiques. J’ai donc essayé de me concentrer sur les articles faisant avancer nos pratiques, ou qui font naître des espoirs thérapeutiques.

Revues générales Les anti-JAK chez l’enfant : une nouvelle voie thérapeutique ?
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Les inhibiteurs de JAK sont des petites molécules qui se sont développées ces dernières années dans le sillage des biothérapies grâce à une meilleure compréhension de la physiopathologie des maladies inflammatoires et auto-immunes. Ces molécules sont administrées quotidiennement par voie orale, sont non immunogènes et ont un délai d’action court. Elles sont utilisées chez l’adulte dans les domaines de l’hématologie, la rhumatologie, la dermatologie et la gastro-entérologie. En pédiatrie, actuellement, les indications pour lesquelles il existe une autorisation de mise sur le marché (AMM) sont essentiellement la dermatite atopique modérée à sévère et les arthrites juvéniles idiopathiques en 2e ou 3e ligne de traitement. Ces traitements sont également de plus en plus utilisés hors AMM dans la rectocolite hémorragique (RCH) réfractaire voire les maladies de Crohn modérées à sévères en échec de biothérapie. Les effets secondaires fréquents chez l’adulte – notamment âgé – semblent être limités chez l’enfant mais nous manquons encore de recul sur leur utilisation, notamment prolongée.

Revues générales Que faire devant une première crise convulsive chez l’enfant ?
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Les crises convulsives désignent souvent des crises d’épilepsie motrices, avec la crise fébrile comme cause principale chez les enfants de 6 mois à 5 ans (2-5 %). Pour une première crise fébrile, trois questions clés se posent : à qui réaliser une ponction lombaire ; à qui prescrire un traitement en cas de risque de récidive ; et pour qui demander un avis spécialisé. Les crises sans fièvre nécessitent une évaluation clinique rigoureuse pour identifier les causes graves (infectieuse, métabolique, toxique, traumatique, vasculaire et tumorale). Les examens complémentaires sont indiqués si des signes de gravité sont présents ou si l’examen clinique ne se normalise pas rapidement, et doivent être systématiques chez les enfants de moins de 1 an.

Revues générales Otites chroniques
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Sous le terme “otite chronique” peuvent être regroupées plusieurs entités pathologiques assez différentes les unes des autres. L’otite séreuse, banale et bénigne, est de diagnostic et de prise en charge faciles. Les véritables otites infectieuses chroniques sont rares et se développent la plupart du temps sur des terrains fragilisés. Les otites chroniques agressives, qui sous-entendent la contamination de l’oreille moyenne par de l’épiderme, sont les plus dangereuses et d’évolution très discrète au départ. L’otoscopie permet de différencier facilement les principaux cas de figure. Au moindre doute, un examen sous microscope par un ORL est indispensable.

Dossier : Pneumologie Nouvelles thérapeutiques dans l’asthme de l’enfant : messages clés pour le pédiatre
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Les recommandations françaises (SP2A, 2024) actualisent la prise en charge de l’asthme de l’enfant de 6 à 12 ans, en intégrant les données pédiatriques récentes et les galéniques disponibles en France. Le diagnostic repose sur un faisceau clinique complété par trois examens minimaux (radiographie thoracique, exploration allergologique, EFR), sans retarder un traitement de fond si nécessaire.
La stratégie thérapeutique suit le principe “parachute puis escaliers” : instauration rapide d’un traitement selon la sévérité initiale, puis ajustement en fonction du contrôle. Les corticostéroïdes inhalés (CSI) restent le traitement de référence, à faibles doses dans la majorité des cas, avec recours aux associations selon les paliers. Le traitement de secours demeure le bronchodilatateur de courte durée d’action (BDCA), la stratégie SMART n’étant pas retenue chez l’enfant.
La prise en charge doit inclure le dépistage des comorbidités et, pour l’asthme difficile à traiter, un suivi en centre expert. Trois biothérapies sont disponibles dès 6 ans (omalizumab, dupilumab, mépolizumab), une quatrième dès 12 ans (tézépélumab). Le phénotypage précis des enfants asthmatiques permettra à l’avenir une approche plus personnalisée et prédictive.