Coqueluche : vaccination de la femme enceinte pour protéger le nouveau-né

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L’idée de vacciner les femmes enceintes pour protéger les nouveau-nés est ancienne. Le principe repose sur le transfert par voie transplacentaire d’une immunité acquise (ou renforcée) par la mère pendant la grossesse vers son fœtus. Ce transfert d’une immunité passive a pour but de protéger le nourrisson pendant les premiers mois de vie – période où il est particulièrement vulnérable et en attendant qu’il ait pu développer une immunité de façon active – via la vaccination. Seule l’immunité humorale reposant sur les anticorps sériques est susceptible d’être ainsi transférée pendant les dernières semaines de grossesse, période où le transfert d’anticorps maternels est le plus important. Ce concept s’applique donc aux maladies pour lesquelles existent à la fois un vaccin et une corrélation entre un taux d’anticorps circulants et une protection clinique.

La première application de ce concept a naturellement concerné le tétanos, maladie pour laquelle les anticorps antitétaniques, c’est-à-dire dirigés contre la toxine tétanique, sont protecteurs lorsqu’ils dépassent un certain seuil dans le sérum des patients (0,01 UI/mL). Le tétanos néonatal était responsable, jusque dans les années 90, de plus de 500 000 décès de nourrissons pendant les 3 premières semaines de vie dans les pays en voie de développement [1]. L’explication reposait sur l’insuffisance de vaccination des jeunes femmes adultes en âge de procréer et sur les coutumes locales qui exposaient les nouveau-nés dès leur naissance à des matériaux telluriques. La vaccination des femmes enceintes contre le tétanos a permis de faire passer, dans certaines régions, l’incidence du tétanos néonatal de 78 pour 1 000 enfants nés à 0 [1].

Le concept de vaccination de la femme enceinte pour protéger le jeune nourrisson a connu un regain d’intérêt en France comme dans les autres pays industrialisés à propos de la grippe. Actuellement, pour protéger le jeune nourrisson de la grippe, les recommandations sont de vacciner l’entourage de ces jeunes enfants à risque et, depuis février 2012, le Haut Conseil de la santé publique recommande la vaccination des futures mamans pendant leur grossesse [2]. La vaccination des futures mamans permet de les protéger et de protéger le nouveau-né puis le nourrisson pendant les premiers mois de vie de façon directe, par le biais des anticorps maternels transmis, et indirecte en réduisant le risque de grippe maternelle (stratégie du cocooning).

Ce concept de vaccination maternelle pre-partum pourrait s’appliquer également à la coqueluche. La vaccination coqueluche n’a pas permis de contrôler de façon suffisante la maladie dans les pays industrialisés. Cela est dû essentiellement à une protection insuffisante en durée des vaccins coquelucheux (probablement pas supérieure à 5 ans) qui nécessiterait une stratégie de[...]

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À propos de l’auteur

Service de Pédiatrie générale, Hôpital Armand-Trousseau, PARIS. Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris VI, PARIS. Groupe de Pathologie infectieuse pédiatrique de la Société Française de Pédiatrie.

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