Difficultés alimentaires du nourrisson : que faire ?

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Le mardi 19 novembre, Nutricia a organisé une session nationale participative virtuelle, Sympo’Live, sur les difficultés alimentaires du nourrisson à laquelle parti­cipaient les Drs Karine Garcette et
Marc Bellaïche. En voici les points forts.

Les difficultés alimentaires sont des problèmes fréquemment rencontrés chez le jeune enfant. Le pédiatre est souvent confronté à un jeune nourrisson qui, au cours de la tétée ou de la prise du biberon, se jette en arrière, pleure ou se tortille. Les repas s’éternisent et l’émission du rot est difficile. Dans ces situations, un reflux gastro-œsophagien (RGO) ou une allergie aux protéines de lait de vache (APLV) sont souvent évoqués. La prescription d’hydrolysats poussés et d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) concernerait un tiers des enfants présentant des difficultés alimentaires.

RGO et APLV : des étiologies rares des difficultés alimentaires

En 2018, les experts de l’ESPGHAN ont établi que le refus alimentaire pouvait correspondre à un symptôme général du RGO, au même titre qu’une dysphagie ou une odynophagie, signes difficilement évaluables chez le nourrisson [1]. En cas de refus alimentaire associé à des pleurs, les parents évoquent d’ailleurs souvent un “reflux interne”. Plusieurs études ont cependant échoué à montrer une corrélation significative entre ces symptômes et les résultats retrouvés à la pH-métrie ou à l’endoscopie [2]. L’étude d’Orenstein et al. a montré également qu’il n’y avait pas de différence significative d’efficacité entre un placebo et un IPP en cas de difficultés alimentaires du nourrisson [3]. Enfin, une œsophagite ne devrait pas être évoquée en premier lieu devant des pleurs, un opisthotonos ou un refus du biberon.

Dans certains cas, un test thérapeutique aux IPP pourra être tenté et poursuivi pendant 1 mois en cas d’efficacité, avec un arrêt progressif pour éviter l’effet rebond. En cas d’échec de l’arrêt du traitement, il est repris en évaluant régulièrement l’intérêt de sa poursuite. Si le traitement n’est pas efficace au bout de 1 à 2 semaines sur les symptômes, il doit bien sûr être arrêté car les IPP peuvent entraîner des effets secondaires jusque dans 34 % des cas selon la littérature [4].

Concernant l’APLV, le comité d’experts de l’ESPGHAN a établi que la dysphagie et le refus alimentaire pouvaient en être des signes[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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