La kératoconjonctivite vernale (KCV) est une maladie inflammatoire chronique rare dans les pays tempérés, débutant le plus souvent chez le garçon après l’âge de 5 ans. En France, son incidence est estimée à 3,2 pour 10 000 habitants. Dans les régions tropicales, elle est nettement plus élevée, avec des taux rapportés entre 4 et 11 %, notamment dans plusieurs pays d’Afrique. Les symptômes s’exacerbent généralement au printemps et en été et peuvent entraîner un retentissement fonctionnel important (photophobie, baisse d’acuité visuelle) avec un impact direct sur la scolarité. La maladie régresse habituellement à la puberté, mais une évolution vers une conjonctivite atopique de l’adulte est observée dans environ 10 % des cas. Une prise en charge coordonnée entre pédiatre, médecin traitant et ophtalmologiste est indispensable pour optimiser le suivi et limiter les complications.
Rappels cliniques essentiels
La KCV est chronique mais évolue par poussées aiguës. Les symptômes sont généralement bilatéraux : rougeur oculaire, prurit intense, larmoiement, sensation de corps étranger ou de brûlure, sécrétions épaisses et paupières collées le matin. La photophobie est fréquente et témoigne d’une atteinte cornéenne, parfois très invalidante au point d’entraîner une déscolarisation. Les signes surviennent surtout au printemps et en été, mais une forme pérenne existe dans environ 25 % des cas. Le diagnostic est clinique.
Trois formes sont décrites :
- La forme palpébrale, la plus fréquente chez les patients caucasiens, se caractérise par la présence de papilles géantes visibles à l’éversion de la paupière supérieure, donnant un aspect de pavage conjonctival (fig. 1). En période inflammatoire, l’œdème papillaire peut provoquer un ptosis.
- La forme limbique, plus courante[...]
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