Les formules infantiles avec des “biotiques”, pré-, pro- et synbiotiques : quel intérêt dans la prise en charge de l’allergie aux protéines de lait de vache ?

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L’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est une des allergies de l’enfant les plus communes. Son incidence est variable, de 0,5 à 3 %, voire plus selon les études et les pays. Les présentations cliniques sont multiples avec des symptômes digestifs, cutanés ou respiratoires, souvent associés à des retards de croissance. Par ailleurs, même si ce concept est actuellement en débat, ces symptômes peuvent évoluer dans ce qu’on appelle la marche allergique, allant de la dermatite atopique à l’asthme, puis à la rhinite allergique.

La prise en charge de l’APLV repose sur le régime strict d’éviction des protéines de lait de vache (PLV). Chez l’enfant allaité, c’est la mère qui exclut de son alimentation les protéines de lait de vache. Chez les nourrissons alimentés par lait infantile, l’apparition de manifestations d’APLV doit faire remplacer le lait premier âge par un hydrolysat poussé des PLV ou un hydrolysat de protéines de riz. Les formules à base d’acides aminés, totalement dépourvues de PLV, sont indiquées après échec des hydrolysats ou en première intention dans certains cas comme un retard de croissance staturo-­pondérale, en cas d’anaphylaxie ou d’œsophagite à éosinophiles. Les laits hypoallergéniques (HA) qui contiennent des hydrolysats partiels de protéines de lait de vache ne sont pas indiqués dans la prise en charge de l’APLV.

Aujourd’hui, de nombreuses formules infantiles comportent dans leur composition des biotiques : prébiotiques, probiotiques ou synbiotiques. Que sont exactement ces compléments ? Pourquoi cet ajout ? Quel en est leur intérêt dans la prise en charge de l’APLV ?

Microbiote et allergie

L’homme est associé à une communauté microbienne complexe et dynamique, véritable partenaire de l’hôte. Ce partenariat débute à la naissance, voire même in utero, la colonisation bactérienne commençant dès la rupture des membranes fœtales. Cette période de l’établissement du microbiote intestinal apparaît être de plus en plus un moment crucial et de multiples études épidémiologiques montrent qu’une dysbiose précoce est reliée à une augmentation de pathologies non transmissibles, comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), l’obésité et l’allergie [1].

L’augmentation significative de l’incidence des maladies allergiques observée dans les pays industrialisés a été expliquée par la théorie de l’hygiène,[...]

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À propos des auteurs

Service de Gastroentérologie pédiatrique, Hôpital Necker-Enfants malades, PARIS. Faculté de Pharmacie de l’Université de PARIS.

Professeur émérite de Microbiologie, Université de Paris, UMR-S U1139, INSERM.