Un adolescent de 15 ans consulte aux urgences pour des vomissements non bilieux évoluant depuis 5 jours, non liés aux repas et associés à des douleurs abdominales périombilicales. Il n’a pas de fièvre, ni troubles du transit. Il n’y a pas eu de voyage récent, ni contage infectieux. Son abdomen est souple et dépressible. Ses parents vous signalent qu’il passe beaucoup de temps sous des douches chaudes car c’est le seul endroit où il se sent bien. Il a présenté un épisode digestif identique il y a 6 semaines. Seul en entretien, lorsque vous lui posez la question, il dit fumer du cannabis. Vous suspectez un syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC). Quelle(s) est (sont) la/les proposition(s) exacte(s) ?
A) Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde est un sous-type du syndrome des vomissements cycliques
B) Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde survient après une consommation aiguë et intense de cannabis
C) Le dosage du delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) dans les urines permet d’affirmer le diagnostic
D) L’amélioration des symptômes avec la prise de bains/douches chaudes doit faire évoquer le diagnostic
E) Comme pour le syndrome des vomissements cycliques, l’amitriptyline peut être utilisée en traitement de fond
Commentaires :
Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, décrit pour la première fois par Allen et al. en 2004, vient d’être redéfini cette année par les critères de ROME V comme un sous-type du syndrome des vomissements cycliques.
Il s’agit d’épisodes stéréotypés de vomissements ressemblant à des vomissements cycliques en termes de début, durée et fréquence. Contrairement à l’adulte où les vomissements surviennent surtout le matin, chez l’adolescent, les symptômes sont observés tout au long de la journée. Ils peuvent survenir en cas de consommation excessive, quotidienne et prolongée (> 1-2 ans) de cannabis.
La physiopathologie n’est pas encore totalement élucidée. La consommation de cannabis entraîne via le THC une activation des récepteurs cannabinoïdes de type 1 (CB1) présents au niveau du système nerveux central, périphérique et entérique avec un effet plutôt antiémétisant. Chez certains individus prédisposés, la consommation intense et prolongée va de façon paradoxale entraîner des vomissements probablement en rapport avec une régulation négative du nombre de récepteurs CB1. Il existe également une altération de la régulation du stress et de la température via les récepteurs TRPV (transient[...]
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