Adénolymphite mésentérique : est-elle vraiment responsable de douleurs abdominales ?

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Les douleurs abdominales de l’enfant représentent un motif fréquent de consultation. Aux urgences pédiatriques, les troubles digestifs constituent 15 à 20 % des consultations [1] et les douleurs abdominales environ 6 %. Le diagnostic étiologique en est particulièrement complexe, du fait d’un large spectre de pathologies pouvant donner une douleur abdominale [2].

Les causes les plus fréquemment retrouvées varient selon les études, la constipation en serait l’une des principales (environ 25 %) [3] mais ce diagnostic a été décrié ces dernières années, il a par exemple été montré que sa fréquence était fortement centre-dépendante [4]. Il est frappant de constater qu’environ 30 % de ces enfants n’ont pas de diagnostic précis à l’issue de la consultation [3, 5]. Il est difficile d’évaluer la part d’adénolymphite mésentérique, cependant elle représenterait jusqu’à 8 % des douleurs abdominales aux urgences pédiatriques [6].

Définition

L’adénolymphite mésentérique est une pathologie aux contours flous et pourtant fréquemment rencontrée en pratique clinique. Elle correspond à une inflammation douloureuse des ganglions péri-mésentériques et para-aortiques abdominaux, les premiers assurant le drainage de la majeure partie du tube digestif, les seconds celui de la paroi abdominale et du pelvis.

Il serait plus juste de parler d’adénolymphite mésentérique primaire, car c’est bien la forme dont nous parlerons dans cet article. En effet, on différencie la forme primaire, dont on n’identifie pas précisément l’étiologie, de la forme secondaire. De multiples causes (bactérienne, virale, tumorale, inflammatoire) ont été ainsi identifiées comme pouvant être responsables, le tableau I récapitule les principales étiologies d’adénolymphite mésentérique secondaire [7].

On définit donc cette pathologie comme un diagnostic d’exclusion des douleurs abdominales organiques au premier rang desquelles se trouve l’appendicite, dont l’adénolymphite mésentérique (primaire) est le principal diagnostic différentiel. En effet, le tableau clinique associe douleurs abdominales aiguës, volontiers localisées en fosse iliaque droite, fièvre récente et nausées ou vomissements. Un syndrome inflammatoire modéré est[...]

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À propos des auteurs

Urgences pédiatriques, Hôpital Robert Debré, PARIS.

Urgences pédiatriques, Hôpital Robert Debré, PARIS.