Longtemps considérée comme le modèle en allergologie pédiatrique, la marche atopique décrit une progression séquentielle des maladies allergiques, de la dermatite atopique (DA) à l’asthme. Cependant, les données récentes remettent en question cette vision linéaire au profit de trajectoires évolutives plus complexes et hétérogènes.
La marche atopique a été décrite comme l’évolution naturelle des manifestations allergiques au cours de la petite enfance et de l’enfance [1], le terme “atopie” étant associé à l’hypersensibilité médiée par l’immunoglobuline (IgE). Les avancées de la compréhension de la physiopathologie allergique décrivent cette marche comme une progression stéréotypée qui a des facteurs prédisposants génétiques et environnementaux communs, partageant la caractéristique immunologique d’une réponse inflammatoire de “type 2” qui inclut le développement de réponses T helper de type 2 (Th2) spécifiques à l’antigène, la génération d’IgE spécifiques à l’allergène, l’activation des granulocytes et d’autres caractéristiques telles que la production de mucus et l’œdème [1].
Classiquement, la marche atopique commence par la dermatite atopique (DA) et progresse vers l’allergie alimentaire IgE-médiée, l’asthme et la rhinite allergique (RA) [2] bien qu’elle ne soit pas présente chez toutes les personnes allergiques. Des travaux antérieurs ont montré que la présence et la gravité de la DA sont associées à des taux plus élevés d’allergie alimentaire, d’asthme et de rhinite allergique, [3, 4], tandis que la présence d’allergie alimentaire IgE-médiée est associée au développement de l’asthme et de la rhinite allergique [5]. Ces observations épidémiologiques sont probablement le résultat de facteurs de risque génétiques et/ou environnementaux communs, ainsi que d’une physiopathologie inflammatoire de type 2 partagée [1]. Elle repose sur l’idée d’une progression chronologique et physiopathologique des manifestations atopiques.
L’œsophagite à éosinophiles (OeE) est une maladie inflammatoire allergique chronique de l’œsophage qui peut être déclenchée par certains aliments ou pollens. Certaines données suggèrent que l’OeE pourrait faire partie de la marche allergique [6]. Par exemple, l’OeE se caractérise par une inflammation allergique et est fréquente chez les personnes allergiques. Des associations épidémiologiques ont été établies entre l’allergie alimentaire IgE-médiée et l’OeE ; les aéroallergènes peuvent exacerber l’OeE chez certaines personnes (fig. 1) [6].
Le concept de “marche atopique” à challenger
Les approches récentes proposent de remplacer la notion de “marche atopique” par celle de “trajectoires atopiques”, mieux adaptée à la réalité clinique.
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