01_Couv_294

Allergies alimentaires IgE-médiées : quand peut-on se dispenser de prescrire un stylo d’adrénaline ?

0

Les allergies alimentaires IgE (immunoglobuline E)-médiées concernent jusqu’à 4 à 8 % des enfants en Europe et représentent la première cause d’anaphylaxie pédiatrique [1].

Si la prise en charge repose sur l’éviction et de plus en plus sur l’induction de tolérance orale, la question de la prescription d’un auto-injecteur d’adrénaline (AIA) reste centrale [2]. Les recommandations insistent sur la nécessité de prescrire un AIA chez les patients à risque d’anaphylaxie. Toutefois, il existe des situations où l’on peut raisonnablement s’en dispenser.

Définition et diagnostic des allergies alimentaires IgE-médiées

L’allergie alimentaire IgE-médiée correspond à une réaction d’hypersensibilité immédiate survenant après exposition à une protéine alimentaire, liée à l’activation de mastocytes et basophiles via des IgE spécifiques. Cliniquement, elle survient le plus souvent en quelques minutes à deux heures après l’ingestion et peut associer des signes cutanéo-muqueux, digestifs, respiratoires ou cardiovasculaires, jusqu’à l’anaphylaxie [3, 4].

Le diagnostic d’allergie alimentaire IgE-médiée repose d’abord sur l’interrogatoire, qui doit établir un lien chronologique compatible entre la prise alimentaire et la réaction, ainsi que sur la reproductibilité éventuelle des symptômes. Les tests cutanés et le dosage des IgE spécifiques permettent d’objectiver une sensibilisation, mais une sensibilisation isolée ne suffit pas à affirmer l’allergie. Les résultats biologiques ou cutanés doivent toujours être interprétés à la lumière de l’histoire clinique. En cas de doute diagnostique, le test de provocation orale reste le test de référence [2].

Il est essentiel d’éliminer les diagnostics différentiels, notamment les réactions non IgE-médiées (retardées, digestives chroniques), les intolérances alimentaires (notamment au lactose), les réactions toxiques ou pharmacologiques, ainsi que certaines pathologies dermatologiques ou fonctionnelles digestives. Une sensibilisation isolée sans symptôme clinique ne constitue pas une allergie et ne doit pas conduire à une éviction ni à une prescription d’adrénaline.

Reconnaître l’anaphylaxie

Le diagnostic d’anaphylaxie chez l’enfant est avant tout clinique et doit être évoqué devant la survenue rapide, en général dans les minutes à deux heures suivant l’exposition à un allergène, de signes touchant plusieurs organes, en particulier cutanéo-muqueux, respiratoires, digestifs ou cardiovasculaires [4]. L’anaphylaxie est hautement probable lorsqu’il existe soit une atteinte cutanéo-muqueuse typique associée à au moins un signe respiratoire significatif, une hypotension ou une atteinte sévère d’organe, soit une hypotension, un bronchospasme ou une atteinte laryngée après exposition à un allergène connu ou[...]

Connectez-vous pour consulter l'article dans son intégralité.

Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS

Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales

S'inscrire
Partagez.

À propos de l’auteur

Service Espace Jour Pédiatrique – Hôpital Saint-Joseph, MARSEILLE