Dermites périnéales à risque : hémangiome ulcéré, histiocytose langerhansienne, maladie de Crohn, ecthyma gangréneux

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Hémangiome infantile ulcéré

Les hémangiomes infantiles (HI) sont les tumeurs bénignes pédiatriques les plus fréquentes [1]. L’ulcération est la complication la plus fréquente (15-25 %) d’un HI, survenant majoritairement entre 4 et 6 mois (fig. 1) [2]. La localisation périnéale d’un HI expose particulièrement au risque d’ulcération. Le risque d’ulcération augmente également en cas de localisation sur le cou, les aisselles, la lèvre inférieure, d’hémangiome de plus de 5 cm du tronc, d’HI segmentaire, d’HI de composante mixte. L’apparition précoce, vers l’âge de 2-3 mois, d’une teinte blanc-grisâtre en superficie est un bon indicateur d’ulcération à venir [1].

Les facteurs favorisant l’ulcération sont le frottement et l’humidité, d’où l’augmentation du risque dans les plis et sur le périnée. L’ulcération aboutit toujours à une cicatrice définitive [2]. Les HI ulcérés se compliquent également souvent de saignements qui inquiètent les parents mais ne sont qu’exceptionnellement importants. Si la colonisation bactérienne est commune dans les HI ulcérés, les surinfections sont rares. La douleur provoquée par l’ulcération et l’absence de cicatrisation spontanée rapide de celle-ci justifient pleinement l’indication de traitement par propranolol oral en cas d’ulcération d’un HI quelle que soit la localisation (fig. 2).

Les soins locaux comprennent un nettoyage simple au savon et l’application de pansement hydrocolloïde que l’on préfèrera mince et transparent afin d’apprécier l’évolution de la plaie. Ils seront précédés d’une prémédication adaptée à la douleur de l’enfant, 45 mn
avant les soins (paracétamol, tramadol, voire morphiniques si nécessaire). Ces soins locaux sont essentiels pour accélérer la cicatrisation, éviter les surinfections et surtout diminuer la douleur, particulièrement pour l’HI périnéal ulcéré où le contact avec les selles et urines ralentit la cicatrisation et augmente la douleur.

Une surinfection doit être suspectée en cas d’apparition d’écoulement purulent, d’érythème au pourtour, d’infiltration cutanée de l’HI ou d’odeur nauséabonde [2]. Le traitement par propranolol oral peut être débuté en milieu hospitalier dès la première consultation, sous réserve d’un examen clinique normal et de l’absence de contre-indication (essentiellement bronchospasme, troubles du[...]

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À propos de l’auteur

Service de Dermatologie, Hôpital Necker-Enfants malades, PARIS.

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