Durée des traitements antibiotiques dans les infections pédiatriques courantes

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Dans un contexte mondial où la résistance aux antibiotiques est devenue une préoccupation majeure en matière de santé publique, il existe une forte pression pour réduire les durées de traitement afin de limiter la pression de sélection sur les bactéries. Or, si cette démarche entraînera sans nul doute une diminution du volume d’anti­biotiques prescrits, sans une réduction concomitante du nombre de patients exposés à ces traitements, rien ne prouve que ceci freinera l’évolution de l’anti­biorésistance. En effet, dans la littérature, aucune étude ne démontre qu’un traitement plus court (5 versus 10 jours avec la même molécule) réduit le risque de résistance.

Restreindre la durée de traitement est certes plus simple que changer de molécule ou limiter le nombre de prescriptions, autrement dit plus simple que de ne pas prescrire d’antibiotique quand ce n’est pas utile. On rappellera ici que la durée d’antibiothérapie idéale pour les rhinopharyngites, laryngites, bronchiolites, otites congestives ou séreuses, angines non streptococciques est de… zéro jour. Raccourcir les traitements présente quelques autres avantages théoriques tels que la réduction du coût, une meilleure observance thérapeutique ou la réduction du risque de survenue d’autres effets indésirables.

La détermination de la durée des traitements devrait être le fruit d’études prospectives, comparatives, utilisant la même molécule dans les deux groupes et réalisées systématiquement en double aveugle si les critères d’efficacité sont peu “robustes” (diminution de la douleur ou de la durée de la fièvre, aspect tympanique…) – des études ouvertes étant envisageables dans les cas où le critère de jugement est robuste (comme l’éradication bactériologique). Les points les plus délicats concernant ces études sont de sélectionner des critères d’efficacité pertinents et de disposer du nombre de patients nécessaire pour démontrer la non-infériorité en tenant compte du taux de guérisons spontanées, fréquentes dans les infections communautaires.

Le dogme des 10 jours : l’angine à streptocoque du groupe A (SGA)

Avant 1950, le[...]

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À propos des auteurs

CHI, CRÉTEIL, Unité petits nourissons, CRéTEIL, ACTIV, SAINT-MAUR.

ACTIV, Association Clinique et Thérapeutique Infantile du Val-de-Marne,
SAINT-MAUR-DES-FOSSÉS, GPIP, Groupe de Pathologie Infectieuse Pédiatrique, PARIS Unité de recherche ECEVE,
UMR INSERM 1123, PARIS

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