Éditorial

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Traiter du sujet de la vitamine D il y a quelques années relevait presque du ringard ! La principale préoccupation pour les praticiens, le rachitisme carentiel, a en pratique disparu avec l’enrichissement des laits en vitamine D. Les recommandations de supplémentation médicamenteuse datant d’une circulaire de 1961 avaient alors été revisitées, et les métabolites de la vitamine D étaient dosables en routine…

Jusqu’à ce que le pape américain de la vitamine D publie, il y a quelques années, un remarquable article dans le fameux Journal of Clinical Investigation intitulé “Resurrection of vitamin D”, ce qui se passe de traduction ! Il y faisait le point des données récentes concernant des actions extra-osseuses. Éclairage original sur une vitamine impliquée jusqu’alors dans l’absorption intestinale du calcium et donc la minéralisation osseuse avec, en point d’orgue, ce travail finlandais qui concluait à un effet préventif du diabète auto-immun de type 1. Pour ne considérer que les effets potentiels chez l’enfant, d’autres études permettent d’évoquer également un effet préventif des manifestations asthmatiques précoces. Enfin, le rôle suggéré de l’insolation comme thérapeutique de la tuberculose, qui a valu à son auteur Niels Finsen le prix Nobel, va trouver une démonstration in vitro ; en effet le métabolite actif de la vitamine D est capable d’induire la synthèse par les macrophages d’une substance, la cathélicidine, active contre le BK… Le bémol à tout cela est que nous manquons encore d’études interventionnelles parlantes.

Les sujets abordés dans ce numéro vont permettre de détailler un certain nombre de nouveautés concernant cette vitamine, qui ne l’est d’ailleurs que parce que nous manquons de soleil et que notre alimentation ne comporte que peu d’aliments en contenant comme les poissons gras. Le besoin en vitamine D va être abordé avec esprit critique.

Du nouveau, il y en a aussi dans les connaissances sur son métabolisme : l’exemple est celui du fameux syndrome d’hypercalcémie attribué à une hypersensibilité à la vitamine D par Lightwood qui trouve désormais son explication par la mise en évidence d’une mutation affectant la voie de dégradation de son métabolite actif.

Enfin, le lecteur et praticien, confronté à la pathologie respiratoire courante et fréquente d’ordre atopique ou infectieux, pourra avoir une information exhaustive mais également critique des études réalisées dans ce domaine.
Il n’en demeure pas moins que cette vitamine, déjà essentielle à la constitution de la meilleure masse osseuse qui se réalise dès l’adolescence, semble avoir d’autres effets favorables même si ces derniers méritent d’être confirmés comme il se doit car touchant des domaines aussi importants que l’immunologie et l’allergologie, la prolifération cellulaire, l’infectiologie.[...]

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À propos de l’auteur

Faculté de Médecine à Rouen, Centre de référence des maladies rares du calcium et du phosphore et CIC INSERM 204, Rouen.

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