Induction de tolérance alimentaire orale : pourquoi, pour qui, quand et comment ?

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L’immunothérapie orale (ITO) est une approche prometteuse dans la prise en charge des allergies alimentaires (AA). Elle est désormais largement pratiquée par les allergologues dans certains pays, dont la France, même si sa pratique doit être encadrée par des allergologues experts et que de nombreuses questions restent non résolues.

Pourquoi envisager une ITO ?

Les AA sont fréquentes (4 à 8 % des enfants) et les réactions anaphylactiques alimentaires, parfois sévères, sont de plus en plus nombreuses. La guérison spontanée des AA est variable selon les aliments, le phénotype du patient et ses habitudes alimentaires. Par exemple, elle est estimée à 10-15 % pour une allergie à l’arachide survenant avant l’âge de 5 ans.

Auparavant, la prise en charge médicale allergologique reposait essentiellement sur une expertise diagnostique, un accompagnement éducatif, des mesures de prévention avec une éviction alimentaire rigoureuse et le traitement des réactions allergiques accidentelles. Malgré cette prise en charge, les réactions allergiques accidentelles, parfois sévères, sont nombreuses et altèrent la qualité de vie. L’étiquetage des aliments pour les allergènes à déclaration obligatoire imposé par la législation n’est pas optimum. Les AA et les régimes d’éviction sont sources de néophobies alimentaires, d’anxiété, d’altération de la qualité de vie. La crainte des réactions allergiques et le port obligatoire d’une trousse d’urgence pour certains enfants à risque sont aussi sources d’anxiété et d’altération de la qualité de vie. Les évictions peuvent créer des carences nutritionnelles et même retarder l’acquisition d’une tolérance immunologique pour l’aliment au fil du temps.

Au cours des dix dernières années, l’ITO pour les aliments s’est développée comme une alternative prometteuse à un régime d’éviction strict.

Comment réaliser une ITO ?

L’ITO consiste en une phase d’escalade, c’est-à-dire d’augmentation progressive des doses par voie orale quotidienne, toutes les 2 à 4 semaines le plus souvent, d’un aliment pour lequel une allergie est prouvée, jusqu’à atteindre une phase d’entretien où une dose d’aliment bien tolérée est prise de façon quotidienne (voire plusieurs fois par semaine parfois) pendant plusieurs années, voire[...]

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À propos des auteurs

Service de pédiatrie, Pavillon médicochirurgical de pédiatrie, ROUBAIX, Unité de pneumologie et allergologie pédiatriques, Hôpital Jeanne de Flandre, CHRU LILLE, Groupe de travail “Allergie en milieu scolaire” de la Société Française d’Allergologie.

Service de pédiatrie, Pavillon médicochirurgical de pédiatrie, ROUBAIX.