Auteur Pouessel G.

Service de pédiatrie, Pavillon médicochirurgical de pédiatrie, ROUBAIX, Unité de pneumologie et allergologie pédiatriques, Hôpital Jeanne de Flandre, CHRU LILLE, Groupe de travail “Allergie en milieu scolaire” de la Société Française d’Allergologie.

Revues générales
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Le terme d’hypersensibilité (HS) aux médicaments recouvre l’ensemble des réactions ressemblant cliniquement à de l’allergie après la prise d’un médicament et l’allergie est une HS dont le mécanisme immunologique est identifié. Les HS sont fréquentes (7-10 % de la population), le plus souvent non-allergiques et bénignes (exanthème maculopapuleux). Cependant, certaines réactions peuvent être graves (anaphylaxie, nécrolyse épidermique toxique…).
L’entretien méticuleux doit permettre de distinguer la chronologie de la réaction (immédiate ou non), la gravité des manifestations et, finalement, si une exploration allergologique est nécessaire ou non, prenant en compte la pertinence et la disponibilité des examens biologiques (prick-tests, intradermo-réactions, patch-tests, voire IgE spécifiques, tests d’activation des basophiles ou de lympho­prolifération). Le test de provocation reste le gold standard. Un avis spécialisé est indispensable, au moindre doute, pour éviter un diagnostic “d’allergie” par excès et l’éviction de molécule(s) de façon inadéquate.

Actualités
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Aujourd’hui, près de 5 % des enfants sont confrontés à l’allergie alimentaire médiée par les IgE. Les réactions allergiques sévères immédiates sont de plus en plus fréquentes, notamment chez les plus jeunes enfants. Tous les aliments peuvent être impliqués dans une anaphylaxie. Toutefois, l’arachide, les laits (lait de vache mais aussi lait de chèvre/brebis), l’œuf de poule, les fruits à coque (noisette, noix de cajou, pistache, principalement) et le kiwi concentrent la majorité des cas d’allergie alimentaire grave de l’enfant en milieu scolaire [1].

Dossier : École
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Le nombre de projets d’accueil individualisé (PAI) pour allergie alimentaire augmente régulièrement en France. Sa mise en place requiert une expertise allergologique initiale pour confirmer l’intérêt du PAI et l’indication éventuelle d’une trousse d’urgence (avec ou sans stylo auto-injecteur d’adrénaline) dans le respect des recommandations, les modalités d’un régime d’éviction et les conditions de la restauration scolaire.
Si les parents doivent demander le PAI auprès du responsable de la structure d’accueil, le médecin doit lui s’impliquer dans la mise en œuvre du PAI selon ses compétences propres, dans l’idéal en lien avec un médecin spécialiste en allergologie. Le PAI sera, au final, adapté si nécessaire puis validé par le médecin de l’Éducation nationale en partenariat avec l’enfant et sa famille, l’équipe éducative, la commune, une infirmière de l’Éducation nationale parfois, selon les ressources disponibles.
Le PAI dans sa forme actuelle doit évoluer vers une simplification et une harmonisation afin d’améliorer encore l’accueil des enfants allergiques en milieu scolaire.