La rencontre

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« La rencontre n’est pas le soin mais elle en constitue le point de départ.” C’est une clinique de l’imprévisible qui se joue aux frontières du réel dès lors que l’on accepte de s’y risquer. C’est pour nous une façon de connaître l’enfant… et pour lui une façon de se “-découvrir”. »

Ces phrases sont extraites de l’excellent livre de Philippe Duverger*, La petite -voiture rouge au fond de mon tiroir, dont le contenu est si riche “d’histoires d’enfants” nées des rencontres de l’auteur avec quelques-uns de ceux-ci… De nos rencontres aussi avec eux.
Bienheureuses expériences de médecins des enfants… que de recevoir ces histoires qui se racontent et (dé)livrent leurs secrets face à la bienveillance (un regard), l’écoute (des silences), un geste de tendresse et de compréhension.
La rencontre est bien souvent la porte ouverte aux confidences apaisant des inquiétudes alors souvent déjà guéries.

Elle peut être l’espace rendu à la lumière qui permet au jeune arbre entravé dans sa croissance de s’épanouir.
Elle est le guide qui vient à la rencontre des enfants égarés.
La découverte aussi “d’un peu de soi que l’on reçoit” avec la surprise émerveillée de la reconnaissance des secrets oubliés de son enfance.

La rencontre pourrait aussi s’interroger à propos d’elle-même… et de la compréhension et de son incompréhensible.
Peut-on se comprendre sans se rencontrer… ou se reconnaître ?
Peut-on se rencontrer sans se comprendre ?

Philipe Duverger* admet que la rencontre telle qu’il l’entend ne consiste pas en une contagion purement affective, une résonnance émotionnelle, un partage d’intimité nés de la seule sympathie qui conduit à se mettre à la place de l’autre.
Le pédopsychiatre… nous rappelle, comme le philosophe, à garder la conscience de notre propre identité en maintenant la limite et la nécessaire distance éthique qui permet à l’autre de se constituer un Moi à la fois semblable et étranger…
Mais ils nous laissent la liberté de consentir à nous laisser capter dans l’éphémère de l’instant par la “petite seconde d’éternité” (Jacques Prévert) qui nous conduit à l’éblouissement de rencontres fulgurantes et captives.

Qu’elles sont belles ces histoires de rencontres que tous les médecins des enfants, et que tous les parents devraient garder dans une boîte à secrets “entrouverte” après les avoir accueillies avec respect, et conservées avec vigilance… avant de les transmettre.
Puissent-elles nous animer dans l’inquiétude de nos soins !

Il existe, parmi les fêtes hivernales, des courses pédestres dites du “bout de l’an”, beau symbole que celui qui réunit “la fin et le commencement”. Un engagement riche de promesses pour les temps à tenir, les espaces à respecter, les regards[...]

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À propos de l’auteur

Service de Pédiatrie Générale, Hôpital Robert Debré, PARIS.

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