L’adolescent et son sommeil

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De la physiologie à la pathologie du sommeil

Au cours de l’adolescence, il existe physiologiquement une diminution quantitative et qualitative du sommeil lent profond (- 40 %) et une tendance biologique au retard de phase. Entre 12 et 18 ans, l’heure d’endormissement est décalée de 22h30 à 00h30 [1]. De plus, ce retard de phase physiologique peut être accentué par des facteurs sociaux comme la pression scolaire, sociale et la diminution de l’influence parentale.

Le passage du collège au lycée s’accompagne d’un début d’école trop matinal, des trajets scolaires longs, d’une augmentation des devoirs à domicile qui demandent un effort de concentration jusqu’au coucher. Le nombre d’activités extra-scolaires est en augmentation. D’autre part, la durée d’exposition des adolescents aux technologies d’information et de communication (TIC) (télévision, musique/audio, ordinateur, films, jeux vidéo, etc.) ont explosé depuis 20 ans. Un usage des TIC avant le coucher ou de plus de 2h par jour retarde l’endormissement, diminue le temps de sommeil et augmente la fatigue diurne [2]. En effet, en dehors de l’aspect stimulant au niveau cérébral, les écrans ont pour source d’illumination principale des diodes électroluminescentes (abrégé en DEL en français, ou LED, de l’anglais : light-emitting diode), qui ont la propriété grâce à la spécificité de leur longueur d’ondes, de couper la sécrétion de la mélatonine, principale hormone du sommeil [3].

Ainsi, les adolescents ne ressentent plus le besoin de dormir, et cela d’autant plus qu’ils utilisent plusieurs médias à la fois. En France, plus de 50 % des adolescents utilisent une TIC dans leurs chambres, plus de 20 % utilisent un média plus de 5 heures/jour. D’autre part, 30-40 % des adolescents dorment ou utilisent leur portable la nuit. Or, les messages sonores des téléphones portables dérangent le sommeil.

La privation répétée de sommeil en période scolaire peut être compensée partiellement pendant le week-end et les périodes de vacances. Néanmoins, elle entraîne des réveils très tardifs, lesquels entretiennent des rythmes de sommeil et de veille irréguliers et conduisent à un mauvais sommeil (difficultés à l’endormissement, éveils nocturnes…) et à une somnolence diurne excessive. Une étude récente[...]

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À propos de l’auteur

Unité de Sommeil Pédiatrique, Centre de Référence Hypersomnies Rares, Hôpital Femme Mère Enfant & CRNL, Université Lyon 1, LYON.

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