Quelle place pour la transplantation de microbiote fécal dans les colites à Clostridium difficile ?

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La colite à Clostridium difficile chez l’enfant

Clostridium difficile (CD) est une bactérie anaérobie, sporulée et toxinogène responsable, chez l’adulte, de 20-25 % des diarrhées associées à l’antibiothérapie et de colites pseudomembraneuses. Chez l’enfant, sa pathogénie est très différente. D’une part, le petit nourrisson est très souvent colonisé à CD, puisque jusqu’à 73 % des nourrissons de moins de 6 mois sont porteurs asymptomatiques. La fréquence de cette colonisation ensuite diminue rapidement pendant la deuxième et la troisième année de vie pour atteindre un chiffre entre 0 et 3 % à 3 ans, similaire à celle de l’adulte. En effet, le microbiote intestinal du petit nourrisson est immature et ne déconjugue pas les acides biliaires primaires en acides biliaires secondaires (qui inhibent la croissance de CD), créant ainsi un environnement favorable à la germination de CD. En revanche, l’infection à CD (ICD) est plus rare chez l’enfant que chez l’adulte probablement en raison de l’absence de récepteurs entérocytaires matures pour les toxines de CD. En pratique, l’infection à CD touche les enfants préférentiellement entre l’âge de 1 et 4 ans et survient surtout chez des patients ayant des facteurs de risques identifiés comme une maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI), une nutrition artificielle ou une prise médicamenteuse (antibiotiques, IPP) [1,2], mais la certitude de l’implication du CD dans la pathogénie des symptômes de l’enfant est difficile à affirmer, surtout chez les enfants ayant une MICI [3,4].

Le traitement de la colite à CD repose sur l’utilisation d’antibiotiques. En première intention, on utilisera le métronidazole pendant 10 jours (30 mg/kg/jour en 2 à 4 prises, par voie orale, maximum, 1,5 g/jour). En cas de récidive, on recommande la vancomycine orale (40 mg/kg/jour en 4 prises, maximum 2 g/jour), avec ou sans métronidazole [1]. En revanche, à partir de la[...]

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À propos de l’auteur

Service des maladies digestives et respiratoires, Hôpital Robert Debré, PARIS. Groupe Français de Transplantation Fécale (GFTF).

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