JIRD 2026

Y a-t-il un intérêt à administrer des corticoïdes lors du diagnostic d’une maladie de Kawasaki ?

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LIN S, HE Y, HE L et al. Randomized trial of adjunctive prednisolone for Kawasaki disease. N Engl J Med, 2026;394:1480-1490.

La maladie de Kawasaki est une vascularite aiguë de cause indéterminée qui affecte principalement les enfants de moins de 5 ans. Les lésions des artères coronaires sont les complications les plus importantes avec des anévrysmes, occlusions pouvant être responsables d’infarctus du myocarde.

La prise en charge standard consiste en l’administration d’immunoglobulines (Ig) polyvalentes et d’aspirine. Cependant, 10 à 20 % des patients vont développer des lésions des artères coronaires, et jusqu’à 25 % ne répondent pas aux immunoglobulines. L’administration concomitante de corticoïdes reste controversée ; certains centres les recommandent pour les formes à haut risque de résistance aux immunoglobulines, mais leur utilité dans la prévention des lésions sur les artères coronaires pour l’ensemble des patients reste inconnue. Le but de ce travail était d’évaluer si l’ajout de corticoïdes améliorait le pronostic coronaire des enfants avec un diagnostic de maladie de Kawasaki.

Il s’agissait d’un essai de phase III, ouvert, randomisé, contrôlé, multicentrique, réalisé entre janvier 2020 et novembre 2024 dans 28 hôpitaux de Chine. Les enfants de plus d’un mois, diagnostiqués avec une maladie de Kawasaki selon les critères de l’American Heart Association, étaient inclus. Les critères d’exclusion étaient un anévrysme géant (≥ 10 mm) initial, les patients non fébriles dans les 24 heures précédant l’inclusion, et ceux ayant eu des Ig ou des corticoïdes au cours des 30 jours précédents. Tous les enfants recevaient un traitement standard par 2 g/kg d’Ig et 30 mg/kg/j d’aspirine baissée à 3-5 mg/kg après résolution de la fièvre. Les patients étaient randomisés pour recevoir soit ce traitement standard soit, en plus, d’abord 1,6 mg/kg de méthylprednisolone, puis 2 mg/kg de prednisolone avec une décroissance progressive dès la normalisation de la protéine C réactive (CRP). Tous les enfants bénéficiaient d’une échographie cardiaque à l’inclusion, à 2 semaines, à 1, 3, 6 et 12 mois.

Le critère principal de jugement était la survenue de lésions sur les artères coronaires un mois après le diagnostic de la maladie. Les principaux critères secondaires de jugement étaient le recours à un traitement de secours pour les lésions coronaires, la durée de la fièvre, l’évolution du taux de CRP et les modifications des z-scores des artères coronaires.

Au total, 3 208 enfants ont été randomisés, 1 604 ont reçu des corticoïdes et 1 604 uniquement le traitement standard. Des lésions coronaires étaient déjà présentes dans 27,3 % des cas sans différence entre les[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.