Les moisissures
Les moisissures sont des organismes vivants du règne des champignons, dits hétérotrophes, c’est-à-dire se nourrissant de substances organiques. Elles sont donc présentes dans le milieu extérieur sur des végétaux en décomposition ou des graines, ainsi que dans les milieux intérieurs sur des matériaux endommagés par l’humidité (murs, papiers peints, poutres, mobiliers, textiles), mais également dans des climatiseurs et systèmes de ventilation, dans les pots de plantes intérieures, et sur les aliments en décomposition.
La reproduction des moisissures conduit au développement de spores aéroportées dont l’inhalation constitue un risque pour la santé respiratoire.
Ce risque est de 3 ordres :
– un risque d’allergies ou réactions d’hypersensibilité ;
– un risque infectieux ;
– et un risque inflammatoire induit par de multiples aérocontaminants produits par les moisissures : glucanes, composés organiques volatils (COV), mycotoxines [1, 2].
Le changement climatique se traduit par des phénomènes météorologiques plus violents et plus fréquents avec une augmentation d’épisodes de pluies abondantes, inondations, orages et ouragans de catégories 4 et 5 et une augmentation globale des températures. La croissance des moisissures étant facilitée par des températures et une humidité élevées, ces phénomènes météorologiques favorisent le développement des moisissures. Pour exemple, après l’ouragan Katrina aux États-Unis en 2005, 46 % des logements inspectés présentaient des moisissures visibles. De plus, l’augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 secondaire à la pollution atmosphérique a été associée à une augmentation de la production de spores de moisissures Alternaria alternata [2, 3]. Enfin, les habitations actuelles, du fait des toits plats plus sensibles aux risques d’infiltrations lors de pluies abondantes et des risques plus fréquents de défauts de ventilation, favorisent le développement de moisissures dans le milieu intérieur.
Les principaux aéroallergènes des moisissures
Les principaux aéroallergènes de moisissures appartiennent au phylum fongique des ascomycètes. Bien qu’ils représentent 4 % des allergènes fongiques dans l’air, ce sont les plus à risque d’allergies respiratoires. Les espèces les plus fréquemment impliquées sont Aspergillus, Alternaria, Cladosporium et Penicillium [3] (fig. 1).
Alternaria se développe dans un milieu humide à une température moyenne entre 25 et 29 °C. Elle est retrouvée dans les milieux extérieur et intérieur. Elle présente une prédominance saisonnière monomodale (l’été) dans le nord de l’Europe et bimodale (printemps et automne) dans le sud de l’Europe (fig. 2). Cladosporium peut[...]
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