Écrans et obésité de l’enfant : y a-t-il un lien ?

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L’exposition excessive aux écrans (télévision, ordinateur, jeux électroniques, smartphones, etc.) est accusée d’être à l’origine de retards de langage et d’apprentissage, et de troubles des interactions, de l’attention, de la concentration, du caractère et du sommeil (voir la tribune libre d’Osika et al. dans ce même numéro). Nombreux sont ceux qui y ajoutent le risque d’obésité. En effet, les travaux rapportant un lien statistique entre le temps passé devant des écrans et le risque accru d’obésité chez l’enfant et l’adolescent sont nombreux [1-4].

Devant une telle évidence, il semble inopportun de contester la responsabilité des écrans dans la constitution d’une surcharge pondérale en pédiatrie. Pourtant, notre expérience laisse penser que le temps passé devant des écrans n’est pas plus important chez les enfants et adolescents obèses qu’il ne l’est chez leurs congénères normopondéraux, voire maigres. Cette vision d’expert est-elle erronée ou traduit-elle une réalité surprenante ? L’objectif de cet article est d’apporter une réponse à cette interrogation.

Quel est le lien potentiel entre écrans et obésité ?

Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer pourquoi le temps passé devant des écrans est corrélé au risque d’obésité (fig. 1). Avant tout, l’exposition excessive aux écrans accroît la sédentarité de l’enfant et entraîne de ce fait une réduction de son activité physique quotidienne qui contribue à la balance énergétique positive conduisant à l’obésité [2]. Deuxièmement, certains travaux ont montré que le temps passé devant les écrans était positivement corrélé à la consommation d’aliments de mauvaise qualité nutritionnelle (fast-foods, produits et boissons sucrés) et négativement à celle de fruits et légumes [3]. Comme beaucoup pensent que la malbouffe et la consommation insuffisante de fruits et légumes sont parmi les causes principales d’obésité chez l’enfant, la relation de cause à effet semble limpide. Enfin, l’exposition à la publicité télévisuelle pour les aliments à forte densité énergétique et de faible qualité[...]

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À propos de l’auteur

Service de Nutrition et Gastroentérologie Pédiatriques, Hôpital Armand-Trousseau, PARIS.