Immunothérapie orale à la cacahuète : quel est le rapport bénéfice-risque ?

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Chu DK, Wood RA, French S et al. Oral immunotherapy for peanut allergy (PACE): a systematic review and meta-analysis of efficacy and safety. Lancet, 2019;393:2222-2232.

Les allergies alimentaires sont en augmentation en Europe et en Amérique du Nord. Si les allergies aux protéines de lait de vache et aux œufs sont les plus fréquentes chez l’enfant d’âge scolaire, les allergies à la cacahuète sont souvent graves et persistantes toute la vie. Le traitement actuel est d’éviter strictement l’aliment et de traiter d’éventuelles réactions anaphylactiques. Depuis plusieurs années, des protocoles d’immunothérapie orale (IO) se sont développés, ayant pour but de limiter les réactions allergiques de ces patients. Bien que de multiples essais randomisés contrôlés, dont 8 en 2018, aient été réalisés, il n’y a pas eu de mise au point récente sur le sujet.

Le but de cette étude était de faire une revue systématique de la littérature et une méta-analyse sur les bénéfices et les risques de l’IO à la cacahuète en comparaison d’un placebo ou d’une éviction stricte de l’aliment.

Tous les essais randomisés contrôlés publiés jusqu’en décembre 2018 comparant des patients ayant une IO à la cacahuète à ceux n’en ayant pas ont été recherchés à partir de moteurs de recherches, MEDLINE, EMBASE et divers registres (Cochrane, US Food and Drug Administration…). Après exclusion des études rapportées en double et des articles non pertinents, les données extraites concernaient les réactions allergiques, anaphylactiques, les effets secondaires, l’utilisation d’adrénaline et la qualité de vie des enfants.

12 essais randomisés (8 avec IO versus placebo, 3 avec IO versus éviction et 1 essai avec une immunothérapie sublinguale) ont été inclus pour la méta-analyse, soit 1 041 enfants avec un âge médian de 8,7 ans et une proportion de 39 % de filles. Le suivi médian des patients était de 1 an (0,8-1,4). La dose initiale médiane de cacahuète reçue était de 0,5 mg/j (0,2-1,75) pour atteindre une cible médiane de 2 000 mg (375-4 000 mg) en un temps médian de 31 semaines (25-31). 9 essais (n = 950) évaluaient le risque d’anaphylaxie et retrouvaient une augmentation du risque en cas d’IO par rapport aux patients sans IO (RR : 3,12 ; IC 95 % : 1,76-5,55), avec une différence de risque de 15,1 %. Ainsi, les patients avec une IO à la cacahuète avaient une utilisation augmentée d’adrénaline (RR : 2,21 ; IC 95 % : 1,27-3,83). Les analyses en sous-groupes selon la dose initiale administrée et la forme d’administration de l’aliment ne modifiaient pas les résultats.

En termes d’effets secondaires, il n’y avait aucun décès dans les études mais les enfants recevant une IO à la cacahuète avaient plus d’effets indésirables que ceux n’en recevant pas (RR :[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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