Infection à Helicobacter pylori : quand y penser ? Quels risques chez l’enfant ?

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L’infection par Helicobacter pylori (H. pylori) est acquise souvent dans l’enfance, avant l’âge de 10 ans, et se transmet au sein du foyer familial (mère-enfant en général). Sa prévalence varie en fonction du lieu géographique (plus élevée dans les pays en voie de développement par rapport aux pays industrialisés), du statut socio­économique (plus fréquent dans les milieux socioéconomiques faibles) et de l’âge [1].

Quand penser à l’infection à H. pylori ?

La majorité des enfants infectés par H. pylori sont asymptomatiques [2]. Les douleurs abdominales sont inconstantes puisque H. pylori est retrouvé chez 5 à 30 % des enfants asymptomatiques [3] et plusieurs études n’ont pas retrouvé de présence plus fréquente d’H. pylori en cas de douleurs abdominales récurrentes par rapport à une population contrôle asymptomatique, notamment en France (63 versus 49 % dans le groupe contrôle) [4]. Seules des douleurs de type “torsion” semblent plus fréquemment retrouvées chez les enfants infectés (26,4 vs 8,1 %, p = 0,01) [5]. Néanmoins, certaines études ont rapporté une amélioration des symptômes cliniques après un traitement d’éradication [6]. La majorité de ces études sont toutefois rétrospectives ou non randomisées versus placebo.

La recherche d’une infection à H. pylori est utile uniquement en cas de douleurs épigastriques en relation avec les repas ou réveillant l’enfant la nuit, associées ou non à des vomissements, suggérant une maladie peptique. En effet, en l’absence de maladie peptique à l’endoscopie (ulcérations ou érosions gastriques ou duodénales), l’éradication de l’infection à H. pylori n’améliore pas les symptômes chez l’enfant. Au cours d’une endoscopie digestive haute effectuée pour une symptomatologie peptique et montrant la présence d’érosions ou ulcérations gastriques ou duodénales, des biopsies doivent être effectuées à la recherche d’une infection à H. pylori [7].

En revanche, chez l’enfant présentant des douleurs abdominales d’allure fonctionnelle, caractérisées par des douleurs périombilicales isolées, uniquement diurnes et sans retentissement sur l’état général, la recherche de l’infection à H. pylori n’est pas recommandée [7]. Des tests de diagnostic non invasifs pour cette infection ne doivent pas être réalisés chez ces enfants car leur positivité pourrait conduire à la réalisation d’une endoscopie, ce qui n’est pas recommandé selon le consensus de ROME IV.

Bien que les vomissements soient fréquents, il n’existe pas d’association entre infection à H. pylori et reflux
gastro-­œsophagien chez l’enfant.

D’autres troubles digestifs[...]

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À propos des auteurs

Unité de Gastroentérologie pédiatrique, Hôpital des Enfants, CHU de BORDEAUX.

Unité de Gastroentérologie pédiatrique, Hôpital des Enfants, CHU de BORDEAUX.

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