Le risque d’infections en rapport avec la prise d’inhibiteurs de la pompe à protons est-il lié au phénotype de CYP2C19 ?

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Bernal C, Aka I, Carroll RJ et al. CYP2C19 phenotype and risk of proton pump inhibitor-associated infections. Pediatrics, 2019;144:in press.

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) font partie des médicaments les plus prescrits dans le monde y compris dans la population pédiatrique, en particulier chez les nourrissons. Le reflux gastro-œsophagien et les inflammations du tube digestif haut sont les principales indications de mise en place du traitement. L’efficacité des IPP est dépendante de la concentration du médicament dans le plasma. Les IPP sont d’abord inactivés dans le foie par l’enzyme CYP2C19, les variations génétiques du gène CYP2C19 déterminent l’activité de l’enzyme. Les individus avec des variants de diminution de fonction sont des métaboliseurs lents, entraînant une exposition élevée au médicament par rapport aux méta­boliseurs normaux. À l’inverse, les individus avec des variants d’augmentation de fonction sont des métaboliseurs rapides ou ultrarapides, avec une exposition réduite au médicament pour une dose donnée. Il est maintenant reconnu que la prise d’IPP favorise les infections respiratoires et digestives.

Le but de ce travail était d’analyser le rôle des phénotypes de métaboliseur CYP2C19 sur la survenue d’infections respiratoires et digestives chez des enfants recevant des IPP.

Il s’agit d’une étude rétrospective ayant inclus des enfants dont les données étaient colligées dans un registre informatisé, exposés aux IPP entre 0 et 36 mois et ayant eu une analyse génétique du gène CYP2C19. L’objectif primaire était d’évaluer le nombre total d’infections (définies selon la classification internationale des maladies) dans l’année qui suivait la prescription d’IPP (de 1 semaine après la mise en place du traitement à 12 mois après son arrêt). L’objectif secondaire était de quantifier le nombre d’infections digestives et respiratoires. Un certain nombre de covariables était pris en compte (genre, origine géographique, âge au début du traitement par IPP), ainsi que des comorbidités (prématurité, pathologies respiratoires ou cardiaques chroniques, diarrhée chronique, anomalies anatomiques ou troubles de la motricité digestive).

670 enfants (56 % de garçons) avec un âge médian de 7 mois (3-13) ont été inclus. La majorité (84 %) avait une comor­bidité associée. Dans l’année qui a suivi la prescription d’IPP, les enfants avaient en moyenne une infection (0-3). 27 % des nourrissons étaient des métaboliseurs lents pour CYP2C19, 40 % des métaboliseurs normaux et 33 % des métaboliseurs rapides. Selon le type de métaboliseurs, il n’y avait pas de différence en termes de covariables.

Un total de 1 419 infections a été observé (1 087 respiratoires et 332 digestives). Les métaboliseurs normaux avaient plus d’infections[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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