Les alternatives au dépistage néonatal de la surdité

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Qu’en est-il du dépistage néonatal de la surdité ?

Existe-t-il une alternative au diagnostic néonatal de la surdité du jeune enfant ? Cette interrogation est à première vue saugrenue. En effet, nombreux sont les pays européens ayant adopté un pro-gramme national de dépistage à la naissance, certains depuis pas mal d’années comme la Grande-Bretagne [1, 2] ou la Pologne [3], d’autres plus récemment comme l’Allemagne [4]. La seconde source de perplexité est qu’une telle question est amenée sur le devant de la scène au moment même où un nombre grandissant de maternités françaises s’équipent de matériel permettant juste-ment de tester l’audition à la naissance. Il y a donc, en somme, un double paradoxe à aborder cette question en 2012, dans un pays se targuant d’avoir un des meilleurs systèmes de soins au monde.

Dans l’esprit de ceux qui ont exprimé précocement une opposition ou une crainte à voir une généralisation du dépistage néonatal de la surdité [5], plusieurs raisons incitent à la prudence ; nous nous efforcerons d’y répondre au fur et à mesure. La première est de considérer que la surdité n’est pas une maladie grave en soi et qu’il n’y a donc pas lieu d’en connaître l’existence dans les tout premiers mois. Certes, la surdité n’est pas une affection qui engage le pronostic vital, contrairement à la mucoviscidose par exemple, pathologie sévère faisant l’objet d’un dépistage néonatal généralisé dans notre pays [6]. Mais, pour peu qu’elle soit suffisamment importante pour empêcher l’enfant d’en-tendre ses parents parler (surdité sévère à profonde, caractérisée par une perte d’au moins 70 dB HL), la surdité neuro-sensorielle précoce conduit inévitable-ment à un retard de communication si des mesures compensatrices ne sont pas mises en œuvre rapidement [7].

Le second motif de circonspection mis en avant par Bess et Paradise [5] est l’acceptabilité des tests de dépistage par les personnels de maternité. A l’époque où cet argument était opposé, la technologie des potentiels évoqués auditifs non automatisés était déjà largement répandue dans les centres diagnostiques, mais manifestement inopérante pour le dépistage en maternité ; en effet, la réalisation de ces tests prend du temps et leur interprétation est difficile pour du personnel non spécialisé. Avec l’essor des techniques automatisées d’enregistrement des réponses physiologiques, aussi bien potentiels évoqués auditifs qu’oto-émissions acoustiques,[...]

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À propos de l’auteur

Professeur d’ORL, Unité Médicale d’Audiologie, CHU et Université Victor Segalen, BORDEAUX.

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