Les modalités pratiques du dépistage néonatal de la surdité

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Si l’on adopte comme définition les pertes auditives durables atteignant au moins 40 dB sur la meilleure oreille, de nature perceptive (cochléaire essentiellement) ou mixte (par atteinte combinée de l’oreille interne et de l’oreille moyenne), la surdité permanente néonatale est le déficit sensoriel le plus fréquent, avec une pré-valence en population générale variant selon les auteurs entre 0,9 et 1,54 pour 1 000 [1-4].

Nombre d’arguments suggèrent que, tôt dans la vie, les informations auditives et la communication jouent un rôle essentiel dans le développement normal du langage, de la cognition et du comportement [5]. Alors que le dépistage néo-natal (DNN) de la surdité existe dans de nombreux pays étrangers (Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Croatie, Espagne, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Irlande, Israël, Italie, Lituanie, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse…) [6], en France, nous attendons toujours une décision officielle quant à la mise en place d’un dépistage néonatal systématique organisé de la surdité chez l’enfant sain et à risque.

Le parcours d’une décision ou d’une non-décision  d’un DNN en France

Depuis le début des années 2000, plu-sieurs expériences de DNN ont été menées en France (Champagne-Ardenne [7], Haute-Normandie, Indre-et-Loire et Orléans, Languedoc-Roussillon, Somme), mais avec une grande diversité de méthodologie (otoémissions acoustiques – OEA – et/ou potentiels évoqués auditifs automatisés – PEAA) et de financement. Les différentes autorités de la santé ont émis plusieurs avis favorables à l’introduction de ce dépistage : l’Inserm en 2006 [1] et 2009 [3], la Haute Autorité de Santé en 2007 [2], l’Académie nationale de médecine en 2008 [8], et il a l’aval de la majorité des professionnels médicaux de l’enfance, pédiatres et ORL pédiatriques.

Plutôt que de lancer d’emblée un dépistage généralisé à l’ensemble du territoire, la France a opté pour une étude de faisabilité dans certaines régions. Cette position a pu apparaître excessivement prudente, voire retardataire, au[...]

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À propos de l’auteur

Pr honoraire de pédiatrie, Université de Rennes 1, Président de l’Association française pour le dépistage et la prévention des handicaps de l’enfant (AFDPHE) de 2002 à 2018.

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