Obligation vaccinale en 2017 : mode d’emploi

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L’histoire de l’obligation vaccinale est ancienne en France puisqu’elle a débuté en 1902 avec la vaccination variolique, son caractère obligatoire ayant été suspendu en 1984 après la déclaration de son éradication par l’OMS en 1980 [1]. Ce n’est qu’en 1938 puis en 1940 que les vaccinations diphtérie et tétanos seront rendues obligatoires afin de faciliter la mise en place de la stratégie et d’augmenter le plus rapidement possible les couvertures vaccinales [1]. La vaccination BCG a été elle, rendue obligatoire en 1950 mais suspendue en 2007 dans notre pays compte tenu de l’évolution de l ‘épidémiologie de cette maladie dans notre pays. Depuis, la vaccination BCG est ciblée et recommandée pour les sujets à risque. La vaccination polio quant à elle a été rendue obligatoire en 1964 [1].

Actuellement, l’obligation vaccinale en France porte sur trois vaccins, diphtérie, tétanos et polio (schéma comportant primovaccination et rappel avant 18 mois, les rappels polio étant obligatoires jusqu’à 13 ans).

En Europe, les choix du recours à l’obligation vaccinale ont été très différents selon les pays [2]. Dans les pays du Nord et les pays scandinaves, la vaccination n’est pas obligatoire mais les couvertures vaccinales y sont excellentes. La seule exception est la Belgique qui a maintenu l’obligation vaccinale uniquement pour la polio. Le caractère obligatoire de la vaccination est par contre, majoritairement retrouvé dans les pays de l’Est mais également dans certains pays d’Europe du Sud comme la Grèce, l’Italie, et la France (fig. 1).


C’est en 2013 et 2014, suite au rapport du Haut conseil de la santé publique sur l’obligation vaccinale que le débat va être lancé dans notre pays [1]. Selon cet avis, l’obligation vaccinale restreinte à la diphtérie, au tétanos et à la polio en France ne serait :

  • ni pertinente en termes de morbidité et de mortalité pour les trois maladies en question ;
  • ni cohérente, puisque les adultes représentent désormais la quasi-totalité des cas résiduels de ces maladies et ne sont pas concernés par l’obligation ;
  • ni justifiée par la couverture vaccinale qui est excellente ;
  • ni compréhensible par la population, le terme recommandé pouvant alors signifier dans son esprit une absence d’importance voire son inutilité ;
  • ni loyale depuis la disparition du vaccin DTP non adjuvé, formulation trivalente adaptée au nourrisson c’est-à-dire suffisamment dosée en anatoxines diphtérique et tétanique.

Cette formulation vaccinale[...]

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À propos de l’auteur

Service de Pédiatrie générale, Hôpital Armand-Trousseau, PARIS. Université Pierre-et-Marie-Curie, Paris VI, PARIS. Groupe de Pathologie infectieuse pédiatrique de la Société Française de Pédiatrie.

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