Reflux gastro-œsophagien en néonatologie : n’est-il pas trop souvent évoqué ?

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Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est fréquent chez le nouveau-né et le jeune nourrisson. Il est le plus souvent physiologique et ne devrait conduire qu’à des mesures hygiéno-diététiques. En néonatologie, ce diagnostic est fréquemment évoqué, cette population étant plus exposée. Pourtant, des traitements médicamenteux sont trop souvent mis en place hors recommandations, et jusqu’à 25 % des prématurés sortent d’hospitalisation avec un traitement médicamenteux [1]. L’objectif de cet article est de faire le point sur les définitions et les indications thérapeutiques dans le RGO en néonatologie.

Physiopathologie

Le RGO est défini par un passage involontaire du contenu gastrique vers l’œsophage. Il est le plus souvent
physiologique chez les jeunes nourrissons, se produisant plusieurs fois par jour, préférentiellement en période postprandiale. Il est composé à la fois de reflux acides et non acides et devient pathologique lorsqu’il s’associe à des complications.

Le RGO est surtout lié à l’incompétence fonctionnelle du sphincter inférieur de l’œsophage (SIO) : hypotonie et/ou épisodes de relaxation inappropriés. D’autres facteurs peuvent intervenir, comme l’inadéquation entre le volume gastrique et les quantités de lait absorbées, le retard à la vidange gastrique, l’augmentation de la pression intra-abdominale ou une anomalie anatomique. La croissance de l’œsophage, la maturation fonctionnelle du SIO, l’introduction des aliments solides et l’acquisition de la position verticale conduisent à leur disparition avant l’âge de 1 an. Les complications possibles du RGO sont liées à son abondance, son pH, le niveau atteint dans l’œsophage ; mais aussi d’autres facteurs indépendants comme la protection des voies aériennes, la capacité de réparation de la muqueuse, la maturation neurologique [2].

Problématique de la néonatologie

Certains terrains prédisposent à un RGO pathologique, sévère et prolongé :

  • les pathologies neurologiques associées à une hypotonie globale et/ou un défaut de protection des voies aériennes ;
  • l’atrésie de l’œsophage opérée, modifiant l’anatomie cardio-tubérositaire et générant une muqueuse cicatricielle ;
  • la hernie hiatale ;
  • certaines pathologies ORL comme la laryngomalacie, aggravées par le RGO ;
  • les[...]

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À propos de l’auteur

Service de Pédiatrie et Réanimation néonatale, Hôpital Robert-Debré, PARIS.

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