Prévention de l’entérocolite ulcéro-nécrosante : quels sont les traitements ayant fait la preuve de leur efficacité ?

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L’entérocolite ulcéro-nécrosante (ECUN) est une maladie inflammatoire digestive qui affecte principalement les nouveau-nés prématurés. Son incidence est inversement proportionnelle à l’âge gestationnel de naissance et elle est responsable d’une morbi-mortalité importante dans les services de réanimation et de soins intensifs néonatals. En effet, l’incidence de l’ECUN chez les grands prématurés (nés avant 32 semaines d’aménorrhée (SA)) est de 5 à 7 % [1, 2] et sa mortalité peut atteindre 30 % [3] en fonction de la sévérité de la maladie.

En pratique, le diagnostic de l’ECUN est généralement évoqué sur des signes cliniques non spécifiques (intolérance digestive, distension abdominale, rectorragie, instabilité thermique, épisodes de bradycardies et d’apnées, hypotonie ou agitation…), mais c’est l’abdomen sans préparation qui permettra de le confirmer en montrant une pneumatose intestinale, signe radiologique pathognomonique de l’ECUN (fig. 1).

La physiopathologie précise de l’ECUN reste méconnue mais elle est clairement d’origine multifactorielle. Elle associe une immaturité intestinale et du système immunitaire, une altération de la muqueuse, de la vascularisation et du microbiote de l’intestin, et enfin le type d’alimentation. Ce caractère multi­factoriel de l’étiologie de l’ECUN va conditionner l’élaboration d’une stratégie de prévention. Cette dernière nécessitera de déployer un arsenal de mesures dont on peut espérer qu’elles agiront de façon synergique sur le risque de survenue d’une ECUN.

Composition de l’alimentation entérale

Plusieurs études suggèrent qu’une alimentation entérale constituée de lait d’origine maternelle (obtenu à partir de la propre mère ou de donneuses) permet de réduire non seulement l’incidence d’un facteur 3 à 6 mais également la sévérité de l’ECUN par rapport aux préparations à base de lait de vache [4, 5]. Malheureusement, le lait maternel ne peut être administré seul car il ne contient pas suffisamment de protides, calcium et calories pour couvrir les apports recommandés chez les nouveau-nés[...]

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À propos de l’auteur

Médecine et Réanimation Néonatales, CHI POISSY-SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, Université VERSAILLES SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES.

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