Ces dernières années, un intérêt croissant s’est porté sur le syndrome de pullulation microbienne intestinale (ou SIBO, pour small intestinal bacterial overgrowth, un anglicisme employé couramment, notamment pour les patients) avec un engouement particulier sur les réseaux sociaux, sur Internet, dans la presse et de la part des thérapeutes de médecine non conventionnelle. La littérature scientifique sur le sujet s’est également enrichie, surtout chez l’adulte, mais il existe encore de grandes divergences à son propos. Même si le lien avec le syndrome de l’intestin irritable (SII) est souvent rapporté chez l’adulte, il est en pratique rarement associé et les données actuelles ne permettent pas, à ce jour, de prouver qu’il est un facteur favorisant. C’est encore moins le cas chez l’enfant.
Ceci a conduit le Groupe français de neuro-gastro-entérologie (GFNG) à établir en 2025 des recommandations pour le diagnostic et la prise en charge de la pullulation bactérienne de l’intestin grêle [1] ; il en va de même pour la société européenne de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition pédiatriques (ESPGHAN) [2].
Définition du SIBO
Le SIBO, ou pullulation bactérienne de l’intestin grêle, est défini par l’augmentation anormale de la charge bactérienne dans l’intestin grêle, associée à des manifestations cliniques et/ou biologiques, avec des seuils variables selon les consensus (≥ 10³ ou ≥ 10⁵ UFC/ml dans le liquide jéjunal) [3, 4]. Cette situation survient préférentiellement en présence de conditions prédisposantes.
Signes cliniques et biologiques du SIBO
Les signes cliniques sont aspécifiques, en rapport avec une malabsorption : diarrhée, douleurs abdominales, ballonnement abdominal, flatulence, inconfort intestinal, perte de poids, asthénie…
Des anomalies biologiques peuvent être observées, notamment une carence en vitamine B12 par liaison compétitive au facteur intrinsèque des métabolites bactériens, une malabsorption lipidique secondaire à la déconjugaison excessive des acides biliaires par les bactéries pouvant entraîner une stéatorrhée avec carence en vitamines liposolubles, une augmentation de la folatémie liée à la synthèse bactérienne ainsi que d’autres perturbations biologiques liées au syndrome de malabsorption ou de fermentation (ex : acidose lactique).
Facteurs de risque de pullulation microbienne
Le syndrome de pullulation microbienne est associé à de nombreuses situations prédisposantes qui favorisent une stase intestinale et des perturbations de la composition du microbiote intestinal (tableau I). Si des associations ont été rapportées, en fonction des pathologies, la responsabilité de la pullulation microbienne sur les symptômes est très discutée.
Diagnostic du syndrome[...] Connectez-vous pour consulter l'article dans son intégralité.
Vous êtes abonné(e)
IDENTIFIEZ-VOUS
Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS
Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales
S'inscrire
Vous êtes abonné(e)
IDENTIFIEZ-VOUS
Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS
Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales
S'inscrire
