Éditorial

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Ce numéro de Réalités Pédiatriques avec un dossier consacré aux maladies infectieuses témoigne de la grande évolutivité de ces maladies et du nombre de défis considérables devant nous.

Un des premiers est incontestablement celui de la résistance aux antibiotiques. Une étude récente montre qu’elle est responsable en Europe de plus de 30 000 morts par an et la France est loin d’être épargnée [1]. Il n’est pas question ici de remettre en cause l’utilité de cette classe thérapeutique qui a été responsable, avec les vaccins, de l’allongement de la durée moyenne de vie de l’espèce humaine d’au moins une dizaine d’années. Il est question de comprendre comment limiter l’impact écologique (au sens noble du terme) de l’antibiothérapie, en réduisant la masse énorme de prescriptions inutiles. Pour cela, trois types d’actions doivent être menées.

>>> La plus importante est la suppression de toutes les antibiothérapies dont l’intérêt est nul ou discutable, non fondé sur des preuves ou avec un rapport bénéfice/risque négatif. La liste des situations à considérer est longue : rhinopharyngite, laryngite, bronchiolite, bronchite, angine non streptococcique, otite séreuse, otite congestive… Il faut savoir qu’en France, plus de 50 % des antibiotiques prescrits le sont pour ces indications. Le simple respect des recommandations réduirait de moitié la pression de sélection.

>>> Le type d’antibiotiques à utiliser joue un rôle important. Il n’y a quasiment plus de place pour les bithérapies à l’hôpital, ni pour l’utilisation des antibiotiques à large spectre en ambulatoire. Lorsqu’un médecin prend en charge des patients ambulatoires, qu’il soit pédiatre, généraliste ou urgentiste, l’amoxicilline devrait représenter 70 à 80 % des prescriptions… Car 100 % des streptocoques du groupe A, plus de 95 % des pneumocoques et environ 80 % des Haemophilus influenzae y sont sensibles. Ces 3 espèces bactériennes sont les cibles de l’immense majorité des antibiotiques à prescrire pour les infections ambulatoires : otites, angines à SGA, sinusites, pneumonies… Il est démontré que l’amoxicilline est moins sélectionnante d’entérobactéries multirésistantes dans le tube digestif que les céphalosporines, l’association amoxicilline-acide clavulanique, les quinolones ou même les macrolides [2, 3]. De gros progrès ont été faits ces dernières années, comme en témoigne l’article de Trinh et al., avec une baisse des prescriptions d’antibiotiques en pédiatrie de près d’un tiers et une réduction des antibiothérapies à large spectre [4]. Ces progrès ont été largement facilités par l’implémentation des vaccins pneumococciques conjugués à 7 puis à 13 valences. Notre pratique quotidienne ainsi que la comparaison avec l’Europe[...]

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À propos des auteurs

CHI, CRÉTEIL, Unité petits nourissons, CRéTEIL, ACTIV, SAINT-MAUR.

ACTIV, Association Clinique
et Thérapeutique Infantile
du Val-de-Marne,
SAINT-MAUR-DES-FOSSÉS. Service de Pédiatrie,
Hôpital Jean Verdier, BONDY.

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