Les applications pour téléphones mobiles au cours des maladies chroniques : de la rhinite à d’autres affections allergiques

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Depuis quelques années, les nouvelles technologies se sont multipliées pour aider les patients à mieux gérer les symptômes de leurs maladies chroniques. L’un des premiers outils de prédiction des épidémies de grippe, Google Flu [1], avait été envisagé pour mettre à profit les moteurs de recherche et les flux des réseaux sociaux sur la grippe, en pensant qu’ils seraient plus souples que les systèmes traditionnels de surveillance des épidémies et des maladies contagieuses (comme les Réseaux Sentinelles gérés par Santé publique France). Mais le Big Data n’a pas supplanté les méthodes de surveillance épidémiologiques classiques de la grippe, et son exploitation s’est trompée pour prédire l’épidémie de grippe [2]. En 2015, Google a donc arrêté de prévoir (mal) les épidémies de grippe qui étaient largement surestimées [3].

Dans le même ordre d’idées, Google a mis au point un outil de surveillance – Google Trends – ayant pour objectif de prédire, entre autres, l’épidémiologie de la rhinite allergique aux États-Unis. Une étude de Kang et al. [4] a montré une saisonnalité répétitive avec un pic de fin avril à début mai et un second pic en septembre. Ces données étaient corrélées avec les questions posées sur les comptes polliniques, les antihistaminiques (loratadine et cétirizine), les ventes d’antihistaminiques sans prescription, les pages consultées sur ces médicaments, et même les comptes de 21 pollens dans l’atmosphère des états-Unis (p < 0,001) [4].

Toutefois, s’agissant des pollens, Bousquet et al. [5, 6] ont montré que la terminologie influençait les résultats des recherches en raison du manque d’uniformité dans 15 pays d’Europe pour dénommer certains pollens (par exemple ragweed pour Ambrosia), ainsi que des termes comme “pollens” et “allergie”. Avec la diffusion mondiale des smartphones, diverses applications (apps) se sont multipliées. En prenant d’abord l’exemple de la rhinite allergique, nous pouvons mesurer l’importance de ce phénomène, sa diffusion à de nombreuses pathologies, et tenter d’en évaluer les conséquences possibles.

Rhinites allergiques et apps

En 2015-2016, Bousquet et al. [7, 8] ont développé MASK-rhinite (Mobile[...]

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À propos de l’auteur

Allergologue, Pneumologue, Pédiatre, TOULOUSE.

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