Lithiases rénales chez l’enfant : que rechercher ?

0

Épidémiologie

Les lithiases urinaires sont de plus en plus fréquentes (15 % de la population souffrira d’une lithiase au cours de la vie !) chez l’adulte comme chez l’enfant, avec une symptomatologie d’autant plus atypique que l’enfant est jeune.

En effet, dans la série turque d’Alpay et al. de 162 enfants avec lithiase entre 2 mois et 16 ans, 57 % des enfants de moins de 1 an rentraient dans la maladie lithiasique par une infection urinaire ou une découverte fortuite lors d’une échographie réalisée pour une autre cause ; 37 % des enfants entre 1 et 5 ans étaient diagnostiqués lors du bilan d’une hématurie macroscopique (avec 20 % de découverte fortuite) ; ce n’est qu’après 5 ans que 41 % des enfants présentaient une colique néphrétique (ou du moins une douleur du flanc) [1]. Globalement, l’infection urinaire n’était une porte d’entrée dans le diagnostic que chez 16 % des enfants mais, au cours du suivi, 46 % des patients présentaient au moins un épisode infectieux [1].

La maladie lithiasique peut être vectrice d’insuffisance rénale terminale (IRT), expliquant 3 % des causes d’IRT chez les adultes arrivant en dialyse [2]. L’insuffisance rénale aiguë sera liée à un calcul obstructif sur rein unique, un calcul obstructif vésical ou urétral, ou de manière plus rare un calcul obstructif bilatéral. L’insuffisance rénale chronique est la conséquence d’une néphro­calcinose, d’une obstruction chronique ou d’infections à répétition.

Etiologie

Les lithiases urinaires peuvent être d’origine infectieuse (notamment germes uréasiques tels Proteus ou moins fréquemment Klebsiella), malformative, héréditaire ou “environnementale”, liées à de mauvaises habitudes alimentaires (et notamment l’excès de sel et de protéines).

La survenue d’une lithiase est la conséquence d’un déséquilibre entre promoteurs (calcium, oxalate, acide urique, cystine, bactéries…) et inhibiteurs (citrate, magnésium, phosphate, uromoduline…) de la cristallisation, le tout dans un environnement dépendant du volume urinaire (seuil de cristallisation) et du pH (lithogénèse majorée des lithiases cystiniques en milieu acide ou a contrario des lithiases infectieuses à germes uréasiques en milieu alcalin par exemple). Dans la série turque précédemment citée, Alpay et al. rapportent notamment 34 % d’hypercalciurie,[...]

Connectez-vous pour consulter l'article dans son intégralité.

Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS

Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales

S'inscrire
Partagez.

À propos des auteurs

Centre de Référence des Maladies Rénales Rares, Centre de Référence des Maladies Rares du Calcium et du Phosphore, Faculté de Médecine Lyon Est, Université Lyon 1, INSERM 1033, Prévention des Maladies Osseuses, Hôpital Femme Mère Enfant, BRON.

Service des maladies digestives et respiratoires, Hôpital Robert Debré, PARIS. Groupe Français de Transplantation Fécale (GFTF).

Service de Chirurgie Pédiatrique, Hôpital Femme Mère Enfant, BRON

Centre de Référence des Maladies Rénales Rares, Centre de Référence des Maladies Rares du Calcium et du Phosphore,

Laisser un commentaire