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C’est de l’eau

L’écrivain américain David Foster Wallace racontait souvent à ses étudiants l’histoire suivante : “Deux jeunes poissons qui nagent croisent le chemin d’un poisson plus âgé qui leur fait un signe de la tête et leur dit : «Salut les petits ! L’eau est bonne ?». Les deux jeunes poissons nagent encore un moment puis l’un d’entre eux s’adresse à l’autre : «Tu sais ce que c’est, toi, l’eau ?»” [1]

Analyse bibliographique
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Depuis l’introduction des vaccins conjugués, les méningites virales sont les causes les plus communes de méningites. Les formes bactériennes, du fait de leur importante morbidité et mortalité, doivent être formellement éliminées lorsqu’un enfant se présente aux urgences pour une méningite. Aucune variable seule ne permet de distinguer une forme bactérienne d’une forme aseptique. Ainsi, il y a quelques années, le score de méningite bactérienne (BMS) a été établi selon le nombre d’éléments dans le liquide céphalo-rachidien (LCR). Cependant, de véritables méningites bactériennes n’étaient pas diagnostiquées. Les auteurs de ce travail ont créé un nouveau score prenant en compte, en plus des éléments du LCR, les valeurs de la CRP et de la procalcitonine.

Revues générales
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Les difficultés d’alimentation du nourrisson ou jeune enfant sont des motifs récurrents de consultation chez le pédiatre. La plupart du temps passagères, elles peuvent cependant se pérenniser lorsqu’elles s’accompagnent de facteurs de risque cumulatifs. Lorsqu’à une situation alimentaire fragile s’ajoute une histoire médicale compliquée, une allergie aux protéines du lait de vache ou un reflux gastro-œsophagien sévère, on comprend l’impact direct à la fois sur la croissance et le développement du bébé mais aussi sur toute la structure familiale.
En tant que premiers recours face à ces difficultés, il est essentiel que les pédiatres et médecins généralistes qui suivent ces patients puissent connaître et repérer les signes d’alertes des troubles alimentaires pédiatriques, pour orienter au mieux vers une équipe pluridisciplinaire si nécessaire. Il est aussi primordial de débuter dès la rencontre un accompagnement de ces familles avec des pistes et conseils adaptés, pour éviter d’ancrer certains comportements peu porteurs. L’accompagnement parental et le travail en pluridisciplinarité seront la clé d’un repérage et d’une prise en soin optimale de ces jeunes patients pour éviter de pérenniser des troubles alimentaires.

Revues générales
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La carence en calcium est fréquente à l’adolescence. Elle est multifactorielle, intégrant des aspects liés au mode de vie. Les besoins en minéraux augmentent du fait du pic de croissance pubertaire et du pic de masse osseuse. Une carence en vitamine D amplifie la carence nutritionnelle en calcium.
Une carence calcique sévère peut générer des fractures dont il est difficile d’apprécier l’incidence réelle, car cette période expose aussi à une fragilité osseuse transitoire dite “physiologique”. Celle-ci est liée à une résorption accrue et à une porosité corticale temporaire, la carence calcique et la réaction parathyroïdienne qui en découlent contribuant à l’amplifier. Il existe aussi un découplage temporel entre la croissance osseuse et la minéralisation lors de l’adolescence. Des fractures répétées doivent faire envisager une carence calcique et/ou en vitamine D mais aussi une pathologie constitutionnelle sous-jacente. Un apport calcique suffisant facilite l’acquisition d’un pic de masse osseuse optimal.

Repères pratiques
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Le terme de microbiote ou microbiome correspond à l’ensemble des microorganismes vivant dans un environnement spécifique. Au niveau cutané, le microbiote représente 106 bactéries par cm2 de peau et est composé de plus de 500 espèces différentes dont la représentation varie selon les sites cutanés et les individus, constituant ainsi une carte d’identité microbienne propre à chacun.

Revues générales
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La vitamine D joue un rôle majeur dans la croissance et la qualité osseuse, mais a également des effets bénéfiques systémiques. Les recommandations de la Société Française de Pédiatrie publiées en 2012 proposent une supplémentation des enfants de 0 à 18 ans. Cependant, certains éléments permettent de penser qu’en 2020, ces recommandations pourraient être améliorées.
L’objectif de cette mise au point est de présenter les arguments en faveur d’une évolution des recommandations, en gardant bien évidemment en tête que la supplémentation en vitamine D a pour objectif de limiter les rachitismes carentiels et d’optimiser le pic de masse osseuse, qui sont deux objectifs prioritaires en termes de santé publique. Même si les recommandations vont probablement être amenées à évoluer prochainement, il n’empêche qu’elles restent pour l’instant valables…

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Les lecteurs désirant un point actualisé complet peuvent consulter le site du New York Times.
En milieu hospitalier, seuls les médicaments évalués dans des essais multicentriques randomisés contre placebo (pour répondre aux exigences de sécurité du produit comme de son efficacité prouvée selon les règles actuelles de l’evidence-based medicine) sont à prendre en compte, même en période pandémique et dans un contexte d’urgence ressentie par la population et les professionnels de santé. Des essais cliniques “faits dans les règles” nationaux et internationaux permettent de clarifier maintenant l’attitude thérapeutique. Ni la chloroquine, ni l’hydroxychloroquine n’ont répondu à ces exigences. Les corticoïdes utilisés pour les patients les plus graves en réanimation ont réduit la mortalité de l’ordre de 30 %. Aux États-Unis, le remdésivir administré aussi aux formes sévères a montré un bénéfice similaire en termes de durée d’hospitalisation.

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Chez les adultes de tous âges [26], une multitude de formes cliniques variées ont été observées, de l’absence totale de symptômes (de l’ordre de 30 à 40 % des situations confirmées) – à ne pas confondre avec les aspects pré-symptomatiques – à l’aspect le plus courant de syndrome “pseudo-grippal” jusqu’au tableau sévère de syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) nécessitant des soins, souvent prolongés, en réanimation. Ce tableau respiratoire était sous-tendu par l’inflammation alvéolaire beaucoup plus que par une atteinte virale directe ou une super-infection bactérienne. Le tableau d’anosmie a été chez l’adulte le plus caractéristique, prenant un certain caractère de spécificité. De l’ordre de 80 % des patients atteints de COVID ont une forme modérée ne requérant pas d’hospitalisation, environ 15 % ont des symptômes plus sérieux et 5 % ont besoin d’une hospitalisation, voire de soins intensifs.

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Les coronavirus sont une vaste famille, très répandus dans la nature dans toutes les espèces, essentiellement animales. Leur nom vient de leur enveloppe virale ayant l’apparence d’une couronne avec une frange de grandes projections bulbeuses. Ce sont des virus à ARN (moins stables que les virus à ADN mais beaucoup plus que les virus de la grippe avec leur génome à ARN fragmenté). Sept d’entre eux sont capables de donner des manifestations cliniques chez l’humain : quatre coronavirus (HKU1, HCoV-OC43, HCoV-NL63 and HCoV-229E) qui donnent des rhumes et les virus responsables du SARS-CoV-1, du SARS-CoV-2 et du MERS.

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Résumer en quelques pages l’aventure extraordinaire dans tous les sens du terme que nous vivons en temps réel depuis janvier 2020 avec la pandémie virale de SARS-CoV-2 (severe acute respiratory syndrome coronavirus 2) est quasiment impossible. Il ne se passe pas une journée sans une évolution marquante. Elle est sous-tendue non seulement par le rythme de la pénétration de ce virus dans les populations mondiales, mais aussi par celui des connaissances scientifiques publiées, amplifié par le mégaphone de l’univers médiatique et des réseaux sociaux, suivi par la succession des décisions des autorités de santé et des politiques qui en découlent.