Projet d’accueil individualisé en allergie alimentaire : ce qu’il faut faire et ne pas faire

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Les allergies alimentaires (AA) et les réactions anaphylactiques, parfois sévères, sont de plus en plus fréquentes chez l’enfant. Ainsi, le nombre d’hospitalisations pour anaphylaxie alimentaire a doublé aux USA entre 2000 et 2009 [1], quintuplé en Australie entre 1994 et 2005 chez le jeune enfant [2]. Les aliments sont la première cause d’anaphylaxie chez l’enfant, devant les médicaments ou les venins d’insectes [3].

La prise en charge des enfants avec une AA repose sur un diagnostic allergologique précis et réévalué dans le temps, permettant de déterminer le ou les allergènes en cause, et donc un régime d’éviction alimentaire ciblé, mais aussi les aliments autorisés, le risque allergologique et les mesures de prévention nécessaires, notamment la nécessité ou non d’avoir sur soi une trousse d’urgence (avec ou sans stylo auto-injecteur
d’adrénaline).

La problématique de l’AA chez l’enfant pose le problème de l’accueil, de la prévention et du traitement des réactions allergiques en milieu scolaire et périscolaire. Ainsi, en France, l’accueil des enfants et des adolescents à risque d’urgence allergique est formalisé par un projet d’accueil individualisé (PAI) qui a pour objet de favoriser leur intégration. Le nombre de PAI pour allergie augmente depuis plus de dix ans (46 700 PAI pour 64 000 établissements en 2015) et concerne en 2016, dans le département du Nord, environ 1 enfant sur 400 [4]. Dans ce même département, la plupart des PAI pour allergie concernent des AA (arachide et fruits à coque essentiellement). Environ deux tiers des PAI sont accompagnés d’une trousse avec adrénaline, un quart d’une trousse sans adrénaline, et 10 % des PAI prévoient une éviction allergique simple sans trousse d’urgence [4].

La mise en place d’un PAI pour allergie nécessite certaines étapes et obéit à des contraintes importantes à connaître. Tout médecin peut rédiger un PAI seul, selon ses compétences propres en allergologie, ou, dans l’idéal, en lien avec un médecin compétent en allergologie. Cet article rappelle donc “ce qu’il faut faire” et “ce qu’il ne faut pas faire” en matière de PAI pour allergie alimentaire (tableau I).

Ce qu’il faut faire

Le PAI est une démarche d’accueil résultant d’une réflexion commune des différents intervenants impliqués dans la vie de l’enfant atteint de troubles de la santé évoluant sur une longue période. Il a pour but de faciliter son accueil et son intégration.

Le cadre administratif du PAI s’appuie[...]

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À propos de l’auteur

Service de pédiatrie, Pavillon médicochirurgical de pédiatrie, ROUBAIX, Unité de pneumologie et allergologie pédiatriques, Hôpital Jeanne de Flandre, CHRU LILLE, Groupe de travail “Allergie en milieu scolaire” de la Société Française d’Allergologie.

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