Quand prescrire un dosage de la calprotectine fécale ?

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La calprotectine est une protéine relarguée par les polynucléaires neutrophiles impliqués dans l’inflammation muqueuse intestinale. Stable dans les matières fécales, elle peut être dosée sur échantillon et reflète de façon particulièrement fiable le degré d’inflammation de la muqueuse. Ainsi, la calprotectine fécale est constamment élevée en cas de maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI) en poussée. Sa valeur prédictive négative pour exclure une MICI est proche de 100 %.

Le dosage de la calprotectine par test ELISA est réalisé en routine par les laboratoires de ville et à l’hôpital, ou sur des kits de diagnostic rapide vendus en pharmacie (fig. 1). En France, le test est à la charge du patient, sauf lorsqu’il est réalisé en milieu hospitalier.

En pratique clinique, on peut résumer l’intérêt de ce dosage à 3 situations, convergeant vers l’objectif de réduire les explorations endoscopiques :

  • exclure une étiologie inflammatoire dans le cadre de douleurs abdominales récurrentes dont l’origine fonctionnelle n’est pas d’emblée certaine et, de façon corollaire, sélectionner les patients pour lesquels un bilan endoscopique est indiqué ;
  • distinguer les symptômes fonctionnels d’une inflammation active chez un patient suivi pour MICI ;
  • évaluer de façon non invasive la guérison de la muqueuse des patients suivis pour MICI.

Les MICI comprennent la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH). Pour certains patients difficiles à classer a été définie la notion de colite indéterminée, non pertinente dans le cadre de cette mise au point.
La symptomatologie révélant une RCH comporte de façon presque systématique des rectorragies récidivantes (90 % [1]), le plus souvent sous la forme d’une diarrhée glairo-sanglante d’intensité croissante. Dans ce contexte, le bilan endoscopique devient rapidement justifié, et le dosage de la calprotectine n’a pas de grand intérêt diagnostique.

Au contraire, la majorité des patients (environ 80 % [1]) atteints de MC ne présentent pas de rectorragies lors de la poussée inaugurale. Ainsi, la présentation clinique d’une MC débutante peut être aspécifique, constituée de douleurs abdominales récurrentes parfois isolées. L’infléchissement pondéral, signe le plus constamment retrouvé chez l’enfant (avec les douleurs abdominales), peut être modéré. Enfin, les examens de biologie standard, comme la CRP, peuvent être normaux. Dans une large cohorte pédiatrique[...]

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À propos de l’auteur

Centre d’Exploration Digestive de l’Enfant, BOULOGNE-BILLANCOURT. Hôpital Armand-Trousseau, PARIS.

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