Quelle position d’installation choisir pour un nourrisson hospitalisé en détresse respiratoire aiguë ?

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Rappel historique

Les questions d’internat sur la bronchiolite aiguë du nourrisson comportaient en général un chapitre sur la position d’installation du nourrisson où il était le plus souvent fait mention d’une “installation en position semi-assise en proclive dorsale à 30°”, “évidence” – sur quel fondement ? – assénée et répétée qui a induit durable-ment les réflexes et le comportement de nombreux pédiatres. Par ailleurs, dans les années 90, l’association entre une position de sommeil sur le ventre et la mort subite inexpliquée du nourrisson (MSIN) a été très clairement établie, et les recommandations qui en ont découlé se sont accompagnées d’une diminution drastique de ces accidents. La conjugaison entre ces “habitudes” d’installation et la crainte de la MSIN ont abouti à ce que perdure largement l’installation des nourrissons en position demie-assise, au moins hors situation de ventilation assistée dans un service de réanimation.

Malgré “ces évidences”, plus d’une dizaine d’études, tant chez l’enfant que chez l’adulte – en situation de soins intensifs pour détresse respiratoire aiguë – publiées pour l’essentiel dans les années 90 ont permis d’objectiver une amélioration de l’oxygénation des patients placés en position ventrale par comparaison à la position dorsale.

En 1999, trois “revues” consacrées à cette question concluaient que la position ventrale s’accompagne d’une amélioration de l’oxygénation et était de ce fait préférable en cas de détresse respiratoire aiguë. On pouvait néanmoins objecter que la plupart des patients inclus dans ces études étaient des adultes avec seulement quelques patients pédiatriques, nouveau-nés exclus.

Cette question de la position idéale du nouveau-né ou du nourrisson hospitalisé pour la détresse respiratoire aiguë, un temps écartée du fait des évidences concernant la MSIN, était relancée en 2006 après la publication [1] d’une revue systématique de 11 essais impliquant des nouveau-nés en ventilation contrôlée qui retrouvait un léger avantage à la position ventrale en termes d’oxygénation, conduisant à modifier les habitudes dans les services de réanimation néonatale où les enfants sont désormais couramment placés sur le ventre.

Doit-on dès lors privilégier systématiquement la position ventrale pour tout nourrisson en situation de détresse respiratoire aiguë, en ventilation[...]

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À propos de l’auteur

Unité de Pneumologie Pédiatrique, Hôpital Robert Debré, PARIS.

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